Comment être bien quand nos proches vont mal ?
Vous faites-vous du souci pour autrui ? Vous n'êtes pas en paix quand vous pensez à vos parents, votre partenaire ou vos enfants ? Demandez-vous souvent des nouvelles d'autrui pour savoir comment va la famille de vos amis, s'ils sont en bonne ou en mauvaise santé ? Faites-vous partie des « Tamalous » ou des groupes de personnes qui passent leur temps à se plaindre de leurs soucis physiques en compagnie d'autrui ?

Si c'est le cas, vous avez beaucoup de soucis à vous faire pour vous et non pour autrui car vous le rendez responsable de votre état. Souvent, les personnes qui se font du souci pour autrui ne passent pas à l’action. Elles recherchent de la compagnie pour partager leur malheur auprès d’oreilles compatissantes. D’échanger avec autrui sur les malheurs du monde sans chercher de solution est une ruse, tout comme les personnes qui parlent de leurs sentiments ou qui interrogent autrui sur leurs états d'âme pour se sentir vivant.

Alors, comment se comporter quand un de vos proches se plaint de sa condition physique, de son environnement familial ou de sa condition humaine ? Voici trois pistes que vous pouvez tester quand un de proche souffre, puis deux besoins à satisfaire, l’équilibre dans vos relations et la célébration de la vie.
Prendre du recul sur les pensées
Le sophisme de la pente savonneuse, glissante ou fatale est de n’envisager que des conséquences négatives à une situation banale. Par exemple, un hypocondriaque personne interprète son mal-être comme une future maladie mortelle, une personne refuse de vendre un bien en indivision en invoquant la dépression incontournable de celui qui refuse de vendre en cas de vente, où le cambriolage de sa maison après avoir perdu ses clefs.
Pour éviter de glisser, prenez conscience de vos pensées et de celles d'autrui. Si votre interlocuteur se plaint de sa sciatique en énumérant les différentes visites effectuées auprès de médecins ou de kinésithérapeutes incapables de lui trouver une solution ou qui lui ont proposé des solutions contradictoires, prenez du recul sur son discours et demandez-vous ce qu’il attend de vous avant de vous faire une image catastrophique de sa situation. En effet, vous pouvez vous laisser entraîner par la croyance qu’il sous-entend, probablement qu’il est difficile de trouver une solution à sa situation qui est, bien entendue, inquiétante sinon angoissante.
Une première piste consiste alors sortir de son hypnose et de sa croyance négative en lui demandant ce qu'il attend de vous et en quoi vous pouvez l'aider.
Ainsi, vous interrompez le savonnage de sa pente, lui faites comprendre qu'il a encore des choix et le remettez peut-être en action, lui proposant de réfléchir sainement par lui-même. Constatez ensuite si son discours change ou s’il continue avec sa même croyance sous-jacente qu’il n’a pas le choix et qu’il est impuissant. Vous pouvez alors garder ou retrouver votre légèreté en racontant une histoire qui se termine bien où une personne sort de son tunnel après avoir demandé de l'aide à autrui.
C'est à votre tour d’embarquer votre interlocuteur dans une hypnose différente de celle du départ avec une croyance et une conclusion optimiste, tout comme Milton Erickson parlait de la pousse des tomates à une personne souffrante. Il est donc indispensable que vous soyez conscients de vos besoins de légèreté et de faire confiance dans la vie. Sinon, vous risquez de glisser avec la même vitesse sur la pente savonneuse imaginaire.

Accepter le destin de chacun
En second lieu, il est important d'être en paix avec votre destin, votre mort et celle d'autrui. Si un de vos amis à perdu son frère, soyez en paix avec le destin de son frère. Pour cela, imaginez-le dans les bras de sa mort. Si cela ne suffit pas, imaginez votre mort en face de vous et ressentez quelle image vous apaise le plus en étant à côté de votre ami. Vous pouvez aussi imaginer le frère à côté de votre ami afin de lui redonner sa place au sein de sa famille.
Ces différentes visualisations redonnent la place à chacun en imaginant des systèmes en ordre, que ce soit le vôtre ou celui de votre interlocuteur. En faisant preuve d'humilité envers le destin de chacun, vous évitez de jouer au sauveur ou de masquer la réalité en donnant des paroles qui se veulent rassurantes telles que « cela va bien se passer », « je suis sûre que cela va s'arranger » qui nient la réalité.

Cultiver le vide et vos besoins personnels
En troisième lieu, acceptez le vide. Acceptez de ne rien faire, de ne rien dire et d'attendre. Ainsi, vous faites une pause, vous arrêtez votre esprit sauveur et vous donnez la place à autrui de s'exprimer jusqu'à ce que son discours s'arrête. Cela peut vous demander beaucoup de patience et de temps. C'est comme si vous attendiez que l'orage passe en vous mettant à l'abri. Pendant ce temps de pause et de vide, cherchez le besoin lié à un événement et si vous êtes concerné. Voici quelques exemples :
- Si une personne se plaint de sa santé, prenez-vous soin de la vôtre ? Si c'est le cas, célébrez-la.
- Si une personne a des soucis d'argent, vous sentez-vous en sécurité financière et la relation avec cette personne est-elle équilibrée ?
- Si une personne est au chômage, êtes-vous en paix avec votre destin, et pensez-vous avoir de la valeur même si vous ne faites rien ?
- Si une personne a un accident, vous sentez-vous en sécurité dans la vie ?
- Si les parents d'une personne sont malades, êtes-vous en paix avec la mort de vos propres parents ?
- Si une personne se plaint de son conjoint, êtes-vous en paix avec vos séparations éventuelles précédentes, actuelles ou à venir ? Acceptez-vous d'avancer seul dans la vie ?
Passons à la pratique.

Équilibrer ses relations
Aujourd'hui, vous faites-vous du souci pour un vos proches ? Passez en revue vos différentes relations, qu’elles soient familiales avec vos parents, vos oncles et vos tantes, vos frères et sœurs, qu'ils soient mort ou vivant, vos enfants, vos relations amicales ou amoureuses. Êtes-vous en paix avec leur destin ? Acceptez-vous qu'ils mènent une vie qui ne corresponde pas à ce que vous leur souhaitiez ? Ont-ils un comportement morbide tel que fumer ou boire, voire une addiction au travail, au sucre, au Coca Light, à la frustration, à la colère, à des croyances négatives telles que « je ne peux pas être en paix » ou « je suis nul ».
Après avoir sélectionné une personne pour laquelle vous faites du souci, demandez-vous si cette relation est équilibrée. En effet, les victimes professionnelles ont du plaisir à pomper l'énergie d'autrui et à prendre plus qu’à donner. Il est donc essentiel que vous vous protégiez pour garder au fond de vous cette légèreté et cette confiance en la vie nécessaire pour avancer et célébrer la vie.
Si ce n'est pas le cas, posez-vous la question de mettre fin à cette relation. Si c'est le cas, posez-vous la question de savoir ce qui donnerait envie à cette personne de passer à l’action ? Serait-ce de demander de l’aide ? De clarifier sa pensée ? De diminuer son stress ?
Vous anticipez son autonomie en la considérant comme une personne adulte capable d'effectuer des choix. Enfin, imaginez quelle histoire vous pourriez lui raconter afin qu’elle reprenne confiance en elle et sortir éventuellement de sa plainte, de son scénario de vie, pour passer à l'action.
Que pensez-vous de l’histoire du vilain petit canard d'Andersen qui s'aperçoit qu'il est un cygne ? Elle est préférable à celle de la petite fille aux allumettes qui meure pour rejoindre sa grand-mère. Préférez-vous l’histoire de La Fontaine qui fait croire à ses enfants qu’il a caché un trésor sous la terre pour qu’ils se mettent au travail ? Ou du Petit Poucet qui sème des cailloux pour retrouver son chemin ?

Cultiver sa légèreté et célébrer la vie
Enfin, si vous vous arrêtez de faire du souci pour autrui, vous allez arrêter de penser être responsable du destin de ses états d'âmes. Si vous arrêtez de le rendre autrui de votre émotion, vous allez tout autant arrêter de penser être responsable de ses émotions. Vous allez peut-être arrêter de suivre des règles factices de bienséance qui vont à l'encontre de relations authentiques.
Vous serez d'autant plus légers à entendre des reproches tels que « tu es agressif », « tu n'aurais pas dû dire cela » ou « tu es responsable de mon état ». Car vous comprendrez de telles affirmations sont émises par des personnes qui veulent se sentir innocentes et qui ne sont pas en paix avec des actes qu’ils ne veulent assumer.
En acceptant que chacun est responsable de ses émotions, vous acceptez votre humanité et votre humilité. Vous acceptez d'être humains, imparfait, et de faire du mieux que vous pouvez pour avancer sur votre chemin de vie en contribuant à votre bien-être et au bien-être d'autrui en ayant des relations équilibrées ou chacun est responsable de ses actions et de ses pensées. En arrêtant de vous faire du souci pour autrui, vous acceptez leur vie et leur chemin, qu'ils fassent leur propre expérience pour retrouver leurs limites et demander de l'aide le cas échéant pour passer à l'action.
Vous acceptez que la réalité ne corresponde pas toujours à votre vision. Vous acceptez d'avoir confiance dans la vie même si d'autres ont perdu cette confiance. Vous acceptez que les hauts et les bas sont nécessaires pour favoriser l'échange et l’aide entre personnes et de contribuer ainsi à enrichir la vie de chacun.
Petit à petit, vous comprendrez le caractère transitoire de la vie et que de faire le deuil de ce que l'on aurait voulu voir ou avoir est indispensable pour être en paix avec la vie et le destin de chacun.
Author
Michel Diviné
Ingénieur de formation (Polytechnique, Stanford) reconverti dans l'accompagnement thérapeutique depuis + de 20 ans, Michel Diviné est un expert en constellations familiales, en EMDR, en Hypnose Ericksonienne et en travail de réconciliation avec les parents selon Jirina Prekop. Auteur de plusieurs ouvrages, il partage son expertise à travers ses blogs et ses ateliers réguliers en France et en Suisse. Découvrez-en plus sur ses blogs Psythérapeute, Constellations Familiales et Communication Bienveillante.
Ces contenus accompagnent un chemin personnel ; ils ne remplacent pas l’avis d’un médecin.






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avec Michel Diviné, et sur le même sujet




