Michel Diviné : les schémas familiaux invisibles et comment s'en libérer
Michel Diviné : famille, ces schémas invisibles qui nous conduisent (et comment s’en libérer).


Les dynamiques familiales invisibles
Q. Certaines dynamiques familiales nous empêchent d'avancer librement dans la vie. Quelles sont les plus courantes et comment se manifestent-elles ?
Le schéma de base est l’intrication. Nous adoptons des comportements et des croyances associés au destin d’une personne du système familial que nous voulons rappeler. C’est une dynamique de sauveur d’une personne que nous pensons injustement oubliée. Nous adoptons alors une partie de son destin à notre détriment.
- Les personnes avec lesquelles nous sommes intriquées sont, le plus souvent, des frères ou des sœurs morts, des oncles, des tantes, des grands-parents que l’on veut rappeler à nos parents.
- La perte d’enfants, que ce soit des fausses couches, des avortements, des morts nés ou des fécondations in vitro qui ont échoué est aussi une dynamique très forte, les parents voulant rejoindre les enfants morts.
Les symptômes sont souvent une tendance morbide à s’oublier, à avoir une tendance victimaire ou persécutrice, à perdre le goût de vivre, le sens de sa propre vie.
Q. Pourquoi avons-nous souvent du mal à identifier ces dynamiques alors qu'elles dirigent nos comportements inconsciemment ?
Ce phénomène d’intrication est fort peu connu et la tendance psychanalytique de tout expliquer par des événements touchant l’enfance dont le complexe d’œdipe a occulté l’importance des dynamiques du système familial.
Relation amoureuse : le rôle de mère
Quelles dynamiques cachées peuvent pousser une femme à endosser le rôle de "mère" dans son couple ?
Une femme peut avoir perdu un petit frère qu’elle confond avec son mari. Elle peut aussi remplacer une femme du côté de son compagnon, comme une sœur aînée morte ou sa mère. Dans tous les cas, elle aura tendance à se mettre à la droite de son mari, lui déniant le premier rôle et sa virilité.
Relation avec les enfants : transmission des schémas
Pourquoi certains parents rencontrent-ils des difficultés avec un de leurs enfants en particulier ?
Dans ce cas, l’enfant est identifié à une personne du système de la mère ou du père : un parent, un membre de la fratrie mort ou un partenaire précédent.
Par exemple, une fille peut être identifiée à une grand-mère paternelle ou maternelle morte jeune ou à un premier amour du père.
Des sentiments « déplacés » peuvent y être associés.
- Si la fille représente un partenaire précédent du père, la colère de la mère envers la première partenaire se tournera vers sa fille dans le cas de simple déplacement.
- Dans le cas de double déplacement, l’origine et la destination sont déplacés. Un enfant peut reprendre la colère de sa mère contre la première partenaire du père et la retourner contre le père. C’est comme s’il voulait défendre sa mère et s’attaquer au père.
Relation avec les parents : héritages émotionnels
Pourquoi certains parents nous exaspèrent-ils, notamment lorsqu’ils se plaignent constamment ?
Les parents cherchent à retenir leurs enfants en les culpabilisant en leur suggérant la règle « les enfants doivent s’occuper des parents ».
Les enfants vivent dans une atmosphère pesante, dans une cage dont les enfants doivent voler la clé pour accepter leur légèreté, même quand les parents ont des difficultés à savourer la vie...
Solutions : comment s’affranchir de ces schémas ?
Comment prendre conscience et stopper ces schémas invisibles qui régissent notre vie ?
Les constellations familiales ou l’expertise de notre système familial favorisent cette prise de conscience et la désintrication.
Plusieurs séances sont quelquefois nécessaires dans le cas de dynamiques difficiles à résoudre telles que les avortements ou l’identification à un partenaire précédent du parent de sexe opposé.
Ces personnes peuvent avoir des difficultés à accepter la dynamique et de s’y opposer pour rester innocent en cas d’avortement ou de perdre son statut d’enfant roi dans le deuxième.
Existe-t-il des pratiques concrètes pour éviter de transmettre ces dynamiques à nos enfants ?
Une personne « consulte » quand elle se rend compte de comportements qu’elle ne comprend pas. Quand cela arrive, elle demande de l’aide, et c’est un premier pas important car le parent montre ainsi à l’enfant qu’il peut se prendre en charge.
Le deuxième point important est la communication avec son conjoint pour que la relation soit équilibrée. Enfin, une mère qui se fait du souci pour son fils renforce sa dépendance en le rendant responsable de son mal-être. Alors, le mieux est de s’occuper de soi et non d’autrui.
Ces contenus accompagnent un chemin personnel ; ils ne remplacent pas l’avis d’un médecin.






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avec Michel Diviné, et sur le même sujet

