La colère : cette émotion mal-aimée qui peut nous aider
La colère : cette émotion mal-aimée qui peut nous aider

Quelle est votre relation avec la colère ? Acceptez-vous d’être irrité, agacé ou en colère ?
Perçue comme une émotion négative, la colère est souvent réprimée, incomprise et mal jugée. Dès l’enfance, nous sommes conditionnés à la taire, à la cacher, à ne pas la laisser s’exprimer. Pourtant, elle est une émotion fondamentale, porteuse d’un message essentiel.
Et si, au lieu de lutter contre elle, nous apprenions à l’accueillir et à l’écouter ? Noémie de Saint-Sernin, auteur et coach en parentalité, nous invite à changer notre regard sur cette émotion, afin de mieux la comprendre et l’exprimer sainement.
1. Comprendre la colère
Un besoin non satisfait
Dès le plus jeune âge, nous sommes confrontés à des injonctions qui nous poussent à réprimer la colère : « Arrête de crier », « Calme-toi », « Ce n’est rien ». Ces phrases, souvent prononcées avec de bonnes intentions, nous laissent croire que cette émotion est inacceptable.
Avec le temps, ce conditionnement nous empêche d’apprendre à gérer notre colère. Lorsqu’elle surgit, nous avons tendance à la refouler ou, au contraire, à la laisser exploser de manière incontrôlée.
Or la colère est une alerte : elle se manifeste lorsqu’un besoin, une valeur ou une limite est bafoué. Elle nous signale que quelque chose ne nous convient pas et qu’il est temps d’y prêter attention. Exprimée sainement, elle devient un outil puissant d’affirmation de ses besoins.
Une manière de ne pas oser dire
Certaines personnes sont également en colère car elles n’osent pas exprimer leur demande ou leur gratitude à des proches. Elles préfèrent se mettre en colère plutôt que de demander de l’aide ou de dire “merci”.
La prochaine fois que vous êtes en colère, faites une pause et identifiez d’où elle peut venir avant d’agir ou de l’exprimer.
Une conséquence de traumatismes passées
Parfois, la colère que nous ressentons n’est pas liée à la situation présente.
Elle peut être l’écho de blessures anciennes se réveillant au contact d’un déclencheur. Une parole, un regard, une situation qui semble anodine ravive un événement passé et nous fait réagir de manière disproportionnée.
« Lorsqu’une réaction de colère est excessive ou fréquente, cela peut être le signe qu’elle trouve son origine dans des émotions refoulées ou des schémas hérités du passé. » Noémie de Saint-Sernin
Si nous avons grandi dans un environnement où la colère était synonyme de danger ou d’agressivité, nous avons pu apprendre à la supporter en étant en permanence sur nos gardes. À l’inverse, si la colère était la seule émotion tolérée, nous avons peut-être adopté ce modèle pour exister à la vue d’autrui.
« Il est fréquent qu'on réagisse par de la colère au lieu d'affronter sa douleur. » Bert Hellinger, fondateur des constellations familiales.
Une provenance de dynamiques familiales.
Si par exemple, votre mère est en colère contre sa propre mère qui est décédée jeune, elle peut vous confondre avec sa propre mère. Elle redirige sa colère contre vous, sans raison apparente.
Ou, si votre mère a eu un avortement, vous pouvez, contre toute attente, reprendre la colère de l’enfant avorté et la diriger vers votre mère.
Cette émotion ne vous appartient pas réellement, mais vous la reprenez inconsciemment pour appartenir au système familial et contribuer à quelque chose de plus grand.
2. Identifier le besoin derrière la colère
Apprendre à gérer sa colère ne signifie pas la supprimer. L’objectif est d’apprendre à la reconnaître, à l’accueillir et à l’exprimer de manière bienveillante. Pour cela, un processus en plusieurs étapes peut être mis en place.
« La colère est ressentie dans des situations dans lesquelles nos limites, nos valeurs et nos besoins ne sont pas respectés. Elle joue un rôle fondamental, car elle vient mettre en lumière ce qui ne nous convient pas. » Noémie de Saint-Sernin
Observer ses réactions physiques
Avant que la colère ne s’exprime par des mots ou des gestes, elle se manifeste souvent dans le corps : respiration accélérée, tension dans les épaules, mâchoire crispée, rythme cardiaque qui s’accélère… Être attentif à ces signes permet de prendre du recul et d’éviter de réagir sous le coup de l’émotion.
Dans ces moments-là, il est utile de se concentrer sur sa respiration, de faire quelques inspirations profondes et, si possible, de s’accorder un instant de solitude.
Comprendre le message de sa colère
Plutôt que de se laisser emporter, il est important de prendre un moment pour analyser ce qui se passe en nous.
Se poser quelques questions peut aider :
- Pourquoi cette situation me met-elle en colère ? Quel besoin est touché ?
- Suis-je en train de revivre une émotion ancienne liée à une blessure passée ?
Derrière chaque colère se cache un besoin de paix, de se sentir en vie, de reconnaissance, de respect mutuel, de liberté, de sécurité ou encore de soutien. En identifiant le besoin sous-jacent, il devient plus facile d’exprimer son ressenti de manière constructive, en spécifiant le besoin, plutôt que de réagir impulsivement.
Un besoin, selon Marshall Rosenberg, fondateur de la Communication NonViolente, est une énergie fondamentale qui motive chacun de nos comportements. Il représente ce qui est essentiel pour notre bien-être et notre équilibre, comme le besoin de sécurité, d’amour, de reconnaissance, d’autonomie ou de connexion.
Identifier nos besoins nous permet d’interagir avec les autres de manière plus authentique et bienveillante.
« Les besoins sont la manifestation de la vie en nous. Lorsque nous les identifions et les exprimons clairement, nous augmentons nos chances de vivre en harmonie avec nous-mêmes et avec les autres. » – Marshall Rosenberg
3. Communiquer avec bienveillance
Oser échanger sur ce que l’on ressent demande du courage. Il est parfois plus prudent de revenir en paix, d’identifier son besoin et de revenir en parler avec la personne ultérieurement.
« L’objectif n’est pas de supprimer sa colère ou de ne plus la ressentir, mais de l’exprimer de façon constructive. » Noémie de Saint-Sernin
Ces contenus accompagnent un chemin personnel ; ils ne remplacent pas l’avis d’un médecin.





