Et si vos morts n'étaient pas partis ?

Écrit par Sarah Diviné
Ils sont tout autour de nous, prêts à nous accompagner, nous guider, parfois nous bousculer. Certains les perçoivent et d'autres non. À travers trois récits, Virginie Robert, médium, Anne-Hélène Gramignano, auteure de « L'infini espoir », et Véronique Geffroy, propriétaire du château de Fougeret, nous ouvrent les portes de leur expérience.


« Il est venu me dire au revoir », Virginie Robert
« Quand mon père est décédé, j'avais dix-sept ans. Je ne le voyais plus et il est venu dans ma chambre après sa mort. Il y a eu comme une étreinte et j'ai compris qu'il était en paix malgré son parcours de vie difficile. Bouleversée, j’ai compris que la conscience continue après la mort. »
Virginie Robert, a un accident de voiture à vingt ans. À son réveil à l'hôpital, elle entend une voix. « Avant que les défunts ne prennent de la place, c'est d'abord mon guide que j'ai entendu. Il m'a accompagnée pendant pendant près de dix ans pour me permettre de travailler sur moi. » Elle apprend ainsi à distinguer deux types de présences, celle des guides, qui orientent notre chemin de vie, et celle des défunts, qui viennent souvent apaiser des relations avec les vivants.
Des années plus tard, travaillant sur ses histoires familiales, elle s'adresse à haute voix à son père disparu. « J'ai dit à mon père : peu importe ce que tu as fait, je suis fière d'avoir été ta fille. À cet instant, les lumières se sont éteintes et j’ai ressenti de l’amour dans toute la pièce. J'ai su ainsi qu'il m’avait entendu. »
Pour Virginie, la communication avec les défunts peut être banale. « Les défunts nous entendent. Il suffit de prononcer leur nom, d'avoir une pensée sincère. Pas besoin de rituel ou de magie. Il faut juste que le contact soit vrai et sincère. Si tu dis "papy je te pardonne" sans le penser, ça ne marche pas. Ton défunt le voit, il sait que tu te mens à toi-même. »

« Cinquante-six ans de culpabilité », Anne-Hélène Gramignano
Dans son livre « L'infini espoir », Anne-Hélène Gramignano partage sa capacité à communiquer avec les défunts. Installée en Nouvelle-Calédonie, cette médium propose sa vision de la mort et du deuil. Elle raconte l'histoire de Tam, un Vietnamien de soixante ans qui culpabilisait depuis qu’à quatre ans, arrivé au Vietnam avec ses parents, il avait refusé d'embrasser sa mère mourante, effrayé par son état physique. Après son décès, son père l'avait placé en pension, le coupant du reste de sa famille recomposée.

La mère de Tam n'avait jamais pu « passer dans la lumière », retenue par la culpabilité d'avoir « abandonné » son fils. Sa rencontre avec Anne-Hélène lui a permis de se réconcilier avec son fils Cette communication a libéré les deux âmes de leur fardeau commun après cinquante-six années.
Anne-Hélène fait appel à son « ange gardien Gabriel » pour faciliter ces transitions. Pour elle, l'existence terrestre est comme un « jeu-vie ». Nous venons sur Terre avec des « cartes expérience », des épreuves et des joies prédéterminées par notre âme, dans le but de créer de l'amour et de la lumière. Dans sa vision, la mort n'est pas une fin tragique mais une victoire, comme un joueur qui a terminé sa partie et qui en sort satisfait.
Pour elle, les signes comme les heures-miroirs, les odeurs, les formes de cœurs, les plumes, les papillons sont importants et constituent un « langage universel » maintenant le contact avec les vivants. « La première personne à laquelle on pense en percevant un signe révèle instinctivement son auteur spirituel. »

« Alice m'a souri », Véronique Geffroy
En mars 2009, lorsque Véronique Geffroy acquiert les clés du château de Fougeret, elle est loin d'imaginer que son destin va basculer. Docteure en histoire, elle pensait ajouter un deuxième château à son patrimoine. Mais très vite, des phénomènes se manifestent. « Moi, j'ai vu une silhouette qui glissait, qui traversait une pièce, un couloir. François a eu des sensations tactiles dans le parc. Il a senti quelqu'un lui taper sur l'épaule. » Pendant six mois, la famille vit ces événements sans oser les verbaliser. « On en parlait sans trop s'en parler », confie-t-elle.

Un jour, sa fille Mathilde vit « Une femme avec une robe rouge style Charleston droite avec un porte-cigarette, une cigarette, et elle la regardait et elle a souri. » Grâce à des recherches archivistiques et des photographies familiales, Véronique identifie cette apparition comme étant Alice, décédée en 1922 à vingt-deux ans d'une infection rénale.
Au total, Véronique a pu retracer l'histoire de seize « invisibles ». Félix, mort en 1898 dans des circonstances mystérieuses, est devenu son confident. « Quand j'ai un conseil, quelque chose de précis à demander, un truc un peu grave qui me turlupine, je sais qu'il me sera de bon conseil. » Une amitié transcendant la mort.
Cette cohabitation a transformé sa vision de l'au-delà. « Paradoxalement, j'espérais qu'après la mort il n'y ait rien du tout. C'est plus facile de mourir et qu'il n'y ait absolument plus rien que de se dire, en fait, qu'on meurt mais qu'il faut qu'entre-temps ton âme évolue, qu'elle se pardonne des masses de trucs, des conneries que tu as faites pendant que tu étais vivante... pour pouvoir choisir ta prochaine vie. »

Nos alliés n'attendent qu'un signe de nous
Ces récits nous racontent que nos proches disparus ne nous quittent pas vraiment. Ils se manifestent par une étreinte, un sourire près d'une cheminée ou un message transmis lors d'une séance et cherchent à maintenir le lien avec nous, et parfois à guérir d’anciens traumatismes.
Faut-il un don pour percevoir ces présences ? « Non, pour moi nous sommes tous médiums, répond Virginie Robert. Nous avons tous des sens qui peuvent se développer. Mais on n'est pas tous destinés à devenir médium ou à en faire une activité. »
Après quinze années de cohabitation avec les êtres invisibles, Véronique Geffroy reste humble : « Je pense que par rapport à ce monde de l'invisible, il faut rester un apprenti toute sa vie. » « Venez le plus neutre possible, n'attendez rien, mais soyez prêts à tout... Lâchez le mental, laissez-vous guider. »
Pour aller plus loin
Virginie Robert est médium, autrice et conférencière. Retrouvez son dernier livre « Je me libère des mémoires familiales et karmiques » (Leduc), ainsi que sur Instagram et YouTube.
Pour découvrir l'univers d'Anne-Hélène Gramignano, retrouvez son livre « L'infini Espoir » (Animae), ainsi que sa page Facebook, son compte Instagram et son site web.
Si vous êtes intrigué par l'expérience de Véronique Geffroy, procurez-vous ses livres « Les murs ont-ils une mémoire ? » (Trédaniel) et « Les invisibles de Fougeret » (Michel Lafon Poche). Puis allez visiter le château de Fougeret et tentez l'expérience de venir y séjourner une nuit.
Ces contenus accompagnent un chemin personnel ; ils ne remplacent pas l’avis d’un médecin.







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