Laurent Marchand : ce qui vous manque n'est pas ce que vous croyez

« Ce qui vous manque n'est pas ce que vous croyez » Laurent Marchand


Je ne suis pas en train de vous raconter quelque chose d'extraordinaire. Je suis en train de changer de carburant.
Vous avez fait des stages, consulté des coachs, exploré vos blessures d'enfance et identifié vos croyances limitantes, et pourtant votre moteur ne démarre pas. Laurent Marchand, créateur du mouvement « Tout est possible » et de l'événement « Les 36 heures », connaît bien cette impression pour l'avoir longtemps vécu. Tiré d'un atelier dans le Canal de l'âme, voici « la toute-puissance divine », un changement de moteur.


Comprendre le passé ne suffit plus
Laurent se vivait comme une Ferrari clouée au garage. Il consultait des coachs, qui ouvraient le capot, vérifiaient l’état des durites et de la courroie de transmission, constataient que tout semblait en ordre. « Le problème, dit-il, c'est que je n'avais pas de carburant. »
Il a trouvé ce carburant en changeant sa question. Ce n’était plus « comment régler ce qui ne va pas », mais « à partir de quelle énergie est-ce que je veux créer ma vie ». Pendant un siècle, la psychanalyse et le coaching ont fonctionné sur le principe de comprendre le passé pour transformer le présent, remonter à la source de la souffrance pour changer l'avenir. Cette approche lui semble dépassée aujourd’hui. « Il y a quelque chose qui ne fonctionne plus dès lors qu'on retourne vers la souffrance. »
Il l’illustre avec le cas d'une cliente vivant une situation particulièrement difficile : un divorce, un enfant en bas âge et une situation financière précaire. Plutôt que de passer des mois à explorer les origines de cette impasse, il lui a posé plusieurs fois la question : « À partir de quelle énergie tu vas sortir de ça ? » Ni comment, ni pourquoi, mais à partir de quelle énergie.
Quand la vie reprend goût par les petites choses
Gamin des rues, grandi en cité, son père étant absent, et son frère jumeau décédé à la naissance, Laurent a traversé des années difficiles.
Puis, il y eut un moment charnière quand, garé à un feu rouge à Orléans, il a décidé de chercher cinq choses belles dans la journée, cinq preuves de l'existence de quelque chose de bon dans le monde.
La première est arrivée presque aussitôt. Un enfant avec son cartable attendait le bus sur le trottoir, et un paquet de chips vide, poussé par le vent, s'est engouffré dans le paravent de l'abribus et s'est mis à tourner. L'enfant le regardait avec un sourire immense. Derrière Laurent, les voitures klaxonnaient parce que le feu était passé au vert. « J'ai regardé ce monde heureux, et je me suis dit : en voilà une. »
Ce soir-là, il en a trouvé cinq. Huit jours plus tard, cinq ne suffisaient plus. Il en trouvait dix, puis quinze, jusqu'au jour où sa journée entière en était remplie. Ayant arrêté de vouloir jouer le premier rôle, il s'était mis à contempler. Même dans la dépression la plus lourde, nous avons tous une flamme de vie. « C'est celle qu'il faut aller chercher. »
Trois gestes simples pour retrouver son énergie
Pour Laurent le « divin » n'est pas le Dieu de la Bible mais une énergie de vie que chacun possède, illimitée et créatrice. Cette partie de nous sait et avance quand le mental doute et contrôle. Cette énergie est incompatible avec l'ego, et accessible à tous. Et cela commence par trois gestes simples.
1. Remplacez les objectifs par la connaissance de soi Laurent a arrêté de travailler avec des objectifs, qu'il considère comme des projections dans l'avenir alimentées par une énergie du contrôle, « un cancer de l'action ». À la place, il propose de prendre une feuille et de créer une colonne pour chaque sphère de votre vie (personnelle, sentimentale, familiale, professionnelle, financière, spirituelle). Puis, notez dans chaque colonne ce qui vous procure de la satisfaction, ce que vous aimez vivre et ressentir. Par exemple, Laurent note que dans sa vie personnelle, il aime boire un verre en terrasse avec des amis, se faire masser, faire du sport, inviter des gens à dîner en petit comité pour avoir des conversations authentiques. Dans sa vie de couple, il aime partager des moments de tendresse, des échanges profonds, le plaisir de voir grandir l'autre. « Vouloir ce qu'on n'a pas, c'est manquer, rappelle-t-il. Savoir ce qui me rend heureux, c'est créer. »
En une heure ou deux, cet exercice suffit à poser les bases de ce qui vous satisfait vraiment, et à orienter vos actions.
- Travaillez avec une intention et le moment présent, pas un plan. Une fois vos besoins clarifiés, l'outil est simple. Posez une intention et le moment présent. Quelle action pouvez-vous poser dans les vingt prochaines minutes qui aille dans le sens de ce qui vous satisfait ? Si vous avez noté que vous aimez rouler à moto quand il fait beau, et qu'il fait beau, allez faire de la moto. Si vous avez besoin de repos après une semaine chargée, accordez-vous une journée à ne rien faire, mais assumez ce choix pleinement, sans culpabilité. « Dans vingt ans, dit-il, on sera au bout de l'accumulation de toutes les actions du présent. » Ce n'est pas la grandeur de l'action qui compte, c'est d’être cohérente avec vous.
- Arrêtez de vous juger sur le résultat. Laurent aime l'image de l'enfant qui dessine un bonhomme maladroit pour la fête des pères. Ce dessin n'est pas l'enfant, mais un apprentissage. Edison disait connaître « dix mille façons de ne pas fabriquer une ampoule » après autant d'expériences infructueuses. L'échec donne des informations. Laurent a organisé un festival des mois durant, pour voir le lieu être réquisitionné quatre semaines avant l'événement et devoir annuler du jour au lendemain. Sa conclusion est : « Je ne suis pas le résultat de ça. Ce qui est intéressant, c'est le fait d'être moi, pas ce que je produis. » L'amour de soi, n'est pas de se trouver merveilleux à chaque instant, mais s'accorder l'indulgence qu'on offrirait volontiers à un enfant.
Nous ne sommes pas notre décor, ni nos succès, ni nos échecs, mais une énergie en mouvement, cette « force qui va » dont parlait Victor Hugo, et que personne ne possède en exclusivité. Elle est là, parfois ligotée, parfois étouffée, mais toujours présente, et il suffit de se demander honnêtement ce qui brûle encore à l'intérieur. Pas besoin d'un éclair de révélation : juste un paquet de chips qui tourne au vent, et un enfant qui sourit.
Author
Laurent Marchand
Entrepreneur, auteur, coach et conférencier. Créateur du mouvement Tout est possible, et de l'événement "Les 36 heures", il anime des programmes de coaching collectif sur neuf mois, des ateliers de scan corporel et des séances de connexion énergétique. Par ailleurs, il écrit et produit des films pour le cinéma et la télévision, il a créé avec sa fille une marque de vêtement, il est propriétaire de La Piscine, un lieu prestigieux à Montpellier... Père heureux, ami comblé, amoureux fou... Laurent, par son exemple nous démontre que tout est vraiment possible. Plus d'informations sur ses prochains événements via ses réseaux Instagram, Youtube, Facebook et son site.
Ces contenus accompagnent un chemin personnel ; ils ne remplacent pas l’avis d’un médecin.







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