Pierre Yonas : la médiumnité avec éthique

Dans ce métier, on ne tient pas 35 ans sans éthique.
La voix est posée, le regard franc. Pierre Yonas m’accueille dans son havre de paix, au cœur du 14ᵉ arrondissement de Paris. Figure emblématique de la médiumnité et du magnétisme, ses pairs le surnomment « Le Patron ». Celui qui n’a jamais transigé avec ses valeurs ; éthique, droiture et honneur.
À travers la nouvelle édition augmentée de son ouvrage Le soigneur d’âmes, il nous invite à plonger au cœur de ces valeurs intemporelles, devenues aujourd’hui plus que jamais nécessaires.
Pierre, comment réagis‑tu face à l’intérêt grandissant pour la médiumnité aujourd’hui ?
Ce n’est pas un phénomène nouveau. L’intérêt pour la médiumnité existe depuis toujours, dans tous les milieux. La différence, c’est qu’aujourd’hui c’est plus populaire : avec les médias et les réseaux sociaux, on en parle davantage. On est plus libre d’exprimer… et parfois de dire tout et n’importe quoi.
Depuis huit ans, tu observes une dérive du « marché spirituel » . Tu évoques aussi les rituels : qu’est‑ce qu’un rituel ?
C’est une tentative d’influencer un mouvement pour que quelqu’un aille mieux. Une influence extérieure posée sur quelqu’un, parfois sans qu’il le sache. J’ai vu des gens « commander » un archange, le « convoquer ». Cela existe, mais ce n’est pas ma voie : je préfère la sincérité, la simplicité, l’amour comme moteur. Et je rappelle souvent : « Un linceul n’a pas de poche. » On n’emporte pas ses accumulations.
Ton livre est une réédition augmentée du Défroisseur d’âmes (2019). Quelle est sa valeur ajoutée ?
Deux chapitres en plus d’une dizaine d'exercices, une réécriture plus fluide. On y parle de médiumnité, de passeurs d’âmes, d’accompagnement, du bien du mal, de foi.
Dans Le soigneur d’âmes, tu remets l’église au milieu du village en évoquant la déontologie…
Oui. Quand on est rationnel, enraciné, on pose un cadre : charte, déontologie, protection du praticien et du consultant. C’est essentiel face à la confusion actuelle, où l’on invente des mots pseudo-scientifiques pour paraître crédible.
Faut-il une charte déontologique commune à tous les médiums ?
Les « anciens » en parlent depuis des années. Nous sommes encore quelques-uns à pratiquer depuis 30–40 ans ; l’idée serait de nous réunir pour créer cette charte et la porter dans un cadre légal, jusqu’à l’Assemblée nationale, afin de proposer des lois.
Où est la difficulté ?
Se réunir d’abord : nous sommes tous très pris. Le cadrage juridique en soi n’est pas un problème, nous connaissons des juristes et avocats. Ensuite, il faudrait défendre le texte auprès de responsables politiques pour aller jusqu’au vote. Pourtant, ce serait dans l’intérêt général : poser des définitions précises, des fourchettes tarifaires, un cadre à un secteur aujourd’hui anarchique. Ce secteur compte des centaines de milliers de professionnels en France, génère plusieurs milliards d’euros officiels… et davantage officieusement. Je suis prêt à y participer ; je défends ce cadrage depuis des décennies. On pourrait imaginer une commission composée de juristes, d’historiens, de médiums… des gens rationnels et sensés.
Et pour les thérapies non conventionnelles ?
Même chose. Avec un cadre, les abus diminueraient. Mon objectif n’est pas de « nettoyer » le marché, mais de tracer une ligne déontologique claire. Mes élèves formés dans ce cadre distinguent immédiatement ceux qui n’y sont pas, rien qu’à leur langage et leur attitude. Il n’y a pas de bonne ou mauvaise méthode : tout dépend de la personne qui rayonne à travers elle.
Comment recadres-tu les personnes « hors cadre », y compris des professionnels ?
Je travaille en petits groupes, jusqu’à 18 personnes. Les hors-cadre se repèrent vite. Je vais vers eux : je donne des mises en garde, je parle des failles (souvent l’ego), toujours avec bienveillance. Ceux qui refusent d’être recadrés ne reviennent pas. Je sais dire non.
Quid des personnes en deuil récent, ou celles qui consultent très souvent ?
Le deuil récent n’est pas un interdit absolu, mais je suis vigilant. Je suis aussi opposé à toute forme de dépendance : certains consultent 5–6 fois par an, enchaînent formations et ateliers. Cela peut créer une décompensation, une surcharge émotionnelle et intellectuelle où l’on ne distingue plus réel et symboles. Je refuse de participer à cela.
Un bon médium doit-il avoir la foi ?
Je ne dicte pas d’obligation, mais tous ceux qui sont vraiment au service de l’autre que je connais ont la foi, de différentes natures. Certains ont foi dans l’argent ou la matière : cela les rassure. Moi, je parle de la foi en nous, en la survivance de l’âme, en l’amour, en la guérison. La médiumnité apporte une forme de guérison au consultant : nous ne guérissons personne : nous aidons l’âme à se « défroisser » dans une meilleure fréquence après le chagrin.
Tu rappelles aussi que le médium « ne se connecte pas ». Peux-tu être plus précis ?
Un médium ne « se connecte pas » à l’invisible : il se met dans une fréquence qui permet aux défunts et aux êtres invisibles de se connecter à lui. Nous sommes récepteurs et retranscripteurs. En termes de conscience : l’état « normal » (bêta) tourne autour de 15,7 ; en état modifié, on descend vers 7,5, et c’est là que la connexion peut se faire, depuis l’autre côté vers nous. C’est une place magnifique : on se tient entre deux cœurs et deux âmes qui s’aiment.
L’ego est-il l’écueil principal ?
Oui : ego de pouvoir, d’apparence et surtout l’ego spirituel. il met une cape invisible et fait perdre l’humanité, la sociabilité, le civisme. Pas besoin d’être « gourou » pour tomber dedans : certains veulent juste être reconnus et écraser les autres. Pourtant, même le médium discret qui reçoit une personne tous les six mois et lui apporte une réponse est un « super‑héros ». Nous sommes tous des élus… de nos choix. L’ego à travailler est celui de la survivance : la résilience. Il muselle les autres. À force d’y croire, on finit par devenir le costume que les autres attendent comme une étoile filante : ça brille, puis ça disparaît. Je leur souhaite de guérir avant la chute.
Quand tu évoques « l’âme », tu utilises des images très concrètes (feuille, tissu, couleurs, déploiement), quid de l’Aura ?
L’Aura n’est pas l’âme. L’aura est la « transpiration » de ce que l’on est en fréquence d’âme et de notre chemin actuel : les corps subtils reliés à l’âme expriment ce rayonnement. L’aura n’est jamais figée ; elle évolue avec les chakras, qui ne s’arrêtent jamais. On se laisse trop impressionner par les « effets de manche » ; or celui qui murmure juste peut vous imprégner davantage que celui qui déclame fort.
Pendant les séances individuelles, des personnes se révèlent‑elles à elles‑mêmes ?
Oui, cela se voit dans le regard qui s’éclaire. À l’inverse, certains regards « s’éteignent » quand le mal est trop présent. Plus on se tient dans la lumière, plus l’ombre nous talonne. Mais la lumière brûle l’ombre : un point blanc dans un ciel noir se voit plus qu’un point noir dans un ciel bleu. Voilà la différence de puissance. Depuis l’enfance, j’ai la faculté de « voir » l’âme des gens : fréquences, vagues, musicalité en mouvement. Il n’y a pas de limite, comme l’univers. On ne peut pas dessiner une âme : je la perçois seulement si c’est utile à l’autre.
Si tu devais écrire un dernier livre, quel serait son sujet ?
La transcendance de l’âme et la « transpiration » du cœur à travers elle. L’idée est déjà là. Mais ce serait un livre de fin de parcours.
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Crédit photo 𝗙𝗥𝗔𝗡𝗖𝗞 𝗚𝗟𝗘𝗡𝗜𝗦𝗦𝗢𝗡
Ces contenus accompagnent un chemin personnel ; ils ne remplacent pas l’avis d’un médecin.







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