Philippe Gilbert vous dévoile les mystères de 3 sites sacrés

Pourquoi certains lieux nous bouleversent-ils dès le premier pas ? Pourquoi, dans une cathédrale gothique, un temple égyptien ou sur les hauteurs d’une citadelle inca ressentons-nous que quelque chose de plus grand que nous se manifeste ? Ce n’est pas un simple ressenti. La Terre possède des méridiens d’énergie, des points de force vibratoires. Et c’est là qu’ont été bâti des sanctuaires. De Notre-Dame de Paris au temple d’Isis à Philae, du Machu Picchu aux cercles de pierres oubliés, un même choix relie ces lieux par-delà les époques, les cultures et les océans. Ces lieux, tels que les révèle Philippe Gilbert, sont portés par des trames communes de cosmologie, de géométrie et d’acoustique.

Notre-Dame de Paris, là où le cœur de la Terre bat au rythme du sacré
L’île de la Cité se trouve à la croisée de courants telluriques, de réseaux d’énergie comparables aux méridiens du corps humain, qui parcourent la surface du globe et se concentrent en certains points précis. C’est à cette conjonction d’énergie, que les premières pierres de Notre-Dame ont été posées.
Illustrations issues de « À la découverte des sites sacrés de Paris » © ed. Guy Trédaniel
Une île au milieu de la voie lactée
La Voie lactée est représentée sur Terre par des fleuves tels que le Nil en Égypte, l’Urubamba au Pérou et la Seine, à Paris. Pour toutes les civilisations, la partie sombre de la Voie Lactée, symbolise une porte vers la renaissance, la vie éternelle. S’implanter sur une île, c’est s’installer symboliquement au seuil de cette porte. L’île de la Cité est un lieu de passage entre les mondes.
Géométrie sacrée et harmonie des nombres
Lorsqu’on superpose le tracé de la croix ankh, la croix de vie égyptienne, sur le plan de Notre-Dame, on retrouve la position du transept. La position des piliers, le placement du chœur, le point central de la croisée obéissent à des proportions issues du nombre d’or Φ, 1,618, juste mesure reliant l’architecture sacrée aux lois du vivant et du cosmos. Ces proportions se manifestent dans les formes naturelles et instaurent une résonance profonde avec le tout le vivant. À cela s’ajoutent des rapports musicaux fondés sur des gammes harmoniques, intégrés aux proportions en élévation de Notre Dame. Le son s’y trouve sublimé, ouvrant l’espace à une musique qui relie le visible au divin et à l’univers.
Les études d’archéo-acoustique montrent que, dans les grottes ornées du Paléolithique supérieur (≈ 40 000 à 14 000 ans), les zones de résonance ont influencé le positionnement des figures pariétales. Appliquée à la grotte de Bruniquel, dans son espace rituel à l’acoustique particulière daté d’environ 176 500 ans, cette approche pourrait repousser considérablement l’origine de ce savoir.
Illustrations issues de « À la découverte des sites sacrés de Paris » © ed. Guy Trédaniel
Les reliques, gardiennes d’une vibration vivante
Au-delà de l’architecture, Notre-Dame abrite une relique, la couronne d’épines du Christ, acquise en 1238 par Saint Louis et sauvée lors de l’incendie de 2019 et aujourd’hui conservée dans un reliquaire de la chapelle axiale. Chaque vendredi entre 15h et 18h30, les chevaliers du Saint-Sépulcre la présentent aux fidèles. Ceux qui s’en approchent témoignent d’une vibration, d’une présence extraordinaire. Placée au fond de l’église, dans la chapelle de Marie, la relique est baignée par les courants d’énergie qui traversent toute la cathédrale. Notre-Dame est aussi reliée par des lignes sacrées à la cathédrale Notre-Dame de Chartres, elle-même connectée à Stonehenge et au plateau de Gizeh. Cette trame fait de chaque site le maillon d’un réseau plus vaste.
Présentation de la couronne d’épines par les chevaliers, à l’intérieur de Notre-Dame de Paris. Photo © Philippe Gilbert
Le temple d’Isis à Philae, source du féminin sacré
Sur une île du Nil, au sud de l’Égypte, à Philae le temple d’Isis veille depuis des millénaires sur celle qui, dans la tradition égyptienne, a reconstitué le corps démembré d’Osiris, son époux, dispersé sur le Nil en treize morceaux. De cette union miraculeuse naquit Horus, premier pharaon divin. Cette histoire résonne avec d’autres traditions de conceptions sacrées comme Jésus et sa mère Marie.
Le temple d’Isis Philae, sur son île du Nil. Photo © Philippe Gilbert
Sirius, l’étoile d’Isis
Les temples égyptiens majeurs sont orientés avec une grande précision, selon des axes rituels, symboliques et parfois astronomiques. Le temple d’Isis à Philae est intimement lié à Sirius, l’étoile la plus brillante du ciel, associée à la déesse sous le nom de Sothis. L’invisibilité annuelle de Sirius, d’une durée proche de soixante-dix jours, faisait écho au temps du rituel d’embaumement des pharaons, marquant la transition vers l’au-delà. Dans l’Égypte antique, sa réapparition en lever héliaque, vers le mois de juillet, annonçait les crues du Nil, porteuses de fertilité et de renouveau. Alignement, disparition, renaissance : le cycle de Sirius est celui d’Isis, la vie éternelle inscrite dans le cycle des étoiles.
Le Naos, cœur vibratoire du féminin
On accède au cœur du temple par une succession de portes, chacune représentant une étape initiatique. Les colonnades créent un sentiment immédiat de stabilité, d’ancrage profond, de sécurité. Contrairement aux sépultures occidentales, les temples égyptiens n’inspirent aucune angoisse. Ils facilitent l’accès à une partie éternelle de soi. Son centre est le Naos, première partie construite du bâtiment où repose la divinité. Ici, le travail se fait d’abord dans le ventre, ce deuxième cerveau où siègent nos émotions profondes. Isis, à travers la vibration des pierres et la relation du temple avec les étoiles, vient d’abord nettoyer, purifier, libérer ce qui n’a plus lieu d’être, avant de restaurer un sentiment profond de confiance et de sécurité.
La succession de portes initiatiques menant au Naos, cœur du temple d’Isis. Photos © Philippe Gilbert
Le Machu Picchu, nexus entre ciel et terre
Le Machu Picchu (vieille montagne), citadelle perchée à flanc de montagne, construite du temps des incas au 15ème siècle. L’Urubamba, la rivière sacrée, serpente en contrebas et tout autour, des montagnes « maîtres » gardent le site. L’emplacement a été choisi selon des critères à la fois géographiques, énergétiques et cosmologiques.
Illustration issue de « Le grand Livre des sites sacrés » © ed. Guy Trédaniel
Des cités en forme de dieux
Les divinités incas résident dans les parties sombres de la Voie lactée où apparaissent le puma, le serpent, le lama, le renard, le colibri, le crapaud et le condor. Quand on observe le Machu Picchu depuis le ciel, la cité tout entière dessine la forme d’un condor, ailes déployées. Sur la colline sacrée proche de l’Intihuatana, des terrasses ont été taillées pour accentuer la silhouette de l’oiseau sacré. En face, la montagne Wayna Picchu, le double du Machu Picchu, porte les traits du puma protecteur. Cette civilisation bâtissait ses villes à l’image de ses animaux sacrés, attirant leurs énergies au cœur même de l’architecture. On retrouve ce principe des formes zoomorphes au-delà du Pérou, dans des pierres taillées de la forêt de Fontainebleau.
La montagne gardienne révèle la forme du puma. Photo et illustration issues de « Le grand Livre des sites sacrés » © ed. Guy Trédaniel
Vue aérienne et aquarelle révélant la forme du condor. Photo et illustration issues de « Le grand Livre des sites sacrés » © ed. Guy Trédaniel
Le temple solaire, une pierre de guérison
Une fenêtre du « temple solaire » s’aligne avec le soleil lors d’un solstice. À l’intérieur se trouve une grande pierre plate, de guérison placée à la confluence de plusieurs types d’énergie : un vortex de lumière, des réseaux d’antimoine, un croisement de puissants courants telluriques. Le quartz et le cristal présents dans la pierre résonnent avec les énergies de la Terre et du cosmos, exactement comme les bols de cristal utilisés dans les soins sonores. Ce lieu était réservé à l’Inca et à ses prêtres, et juste en dessous, creusée dans la roche naturelle, une grotte dédiée à la Pachamama, la Terre Mère symbole de fertilité, permettait d’accéder à des états de conscience modifiés.
Le temple solaire et la cartographie de ses réseaux énergétiques. Photo et illustration issues de « Le grand Livre des sites sacrés » © ed. Guy Trédaniel
Une trame sacrée qui relie le monde
Partout, de Paris à Philae et de Philae au Machu Picchu, les sites sacrés sont implantés sur des points d’énergie et les matériaux sont choisis pour leur résonance. Les proportions obéissent à des proportions universelles et les orientations relient le lieu aux cycles des étoiles, du soleil et de la lune. Ces sites sont connectés entre eux par des lignes d’énergie qui forment une trame planétaire. Ce savoir ancien, précis, universel, nous rappelle que la Terre est vivante, et qu’il suffit parfois de poser le pied sur l’un de ces lieux pour le ressentir.
▶ Pour aller plus loin
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