Les dynamiques familiales : comment elles influencent nos comportements actuels ?
Pensez-vous être maître de vos réactions ? Pensez-vous réagir avec sagesse en prenant du recul par rapport à une situation qui vous interpelle ? Êtes-vous alors maître de vos pensées et vos émotions ? La plupart du temps, nous ne le sommes pas vraiment. En effet, nos comportements, nos pensées et nos émotions sont souvent conditionnées par des événements passés qui nous influencent, qu’ils soient personnels ou transgénérationnels.

Comportements et émotions
Une dynamique familiale entraîne des émotions ou des comportements qui nous échappent…
Quel type d’émotion ?
Bert Hellinger distingue 4 types d’émotions. Les premières sont courtes et orientées actions et sont bénéfiques. Les émotions secondaires sont longues et correspondent aux émotions rackets de l’analyse transactionnelle, telle la colère pour ne pas demander ou ne pas remercier. Les émotions étrangères sont systémiques. Vous reprenez l’émotion d’une personne de votre système familial et l’exprimez envers quelqu’un qui y est totalement étranger. Le dernier type d’émotion est une « meta émotion » telle que le courage, la sagesse…. Les émotions sont donc à surveiller quand elles sont récurrentes, peu adaptées à votre intérêt personnel et favorisant votre inaction.
Quels comportements ?
La première question à se poser par rapport à une réaction « automatique » est : « cette réaction ou cette décision vous est-elle bénéfique à long terme, est-elle orientée vie ou non ? »
- Si, par exemple, vous fumez, votre comportement ne vous est pas bénéfique à long terme. Vous êtes dans une spirale autodestructrice et morbide qui vous rapproche de la mort même si vous n’en n’êtes pas conscient sur le moment, pris dans votre urgence.
- Si vous êtes en colère contre votre supérieur hiérarchique, mécontent de ses décisions et de son incompétence, cela ne sera pas bénéfique à votre carrière.
Ces deux exemples illustrent des comportements inadaptés qu’il est souvent possible de relier à des dynamiques provenant d'événements vous ayant touché personnellement ou ayant touché des personnes de votre système familial, que vous les ayez connus ou non. Quand elles vous ont touché personnellement, il est possible d’identifier le lien entre l’événement, la croyance engendrée et le comportement. Quand l’origine est « systémique », c’est beaucoup plus difficile et il est souvent nécessaire de faire appel à un spécialiste. Explorons ces deux types d’événements, personnel et systémique.

Les dynamiques personnelles
Voici un échantillon d’événements vécus personnellement qui peuvent impacter nos décisions, qu’elles soient à court terme ou à long terme, anodines ou essentielles, orientées vie ou non. Souvent, ces événements proviennent de la relation avec vos parents.
- Il arrive que l’on veuille « réparer » ce que l’on a pu maîtriser dans notre enfance, cherchant à couvrir un besoin inassouvi avec des personnes en particulier. Par exemple, si vous cherchiez la sécurité ou l’empathie avec un parent alors que c’était impossible, il est possible que vous la cherchiez, adulte, chez ce parent ou toute autre personne pouvant y ressembler. Vous courrez après une résolution impossible. Un ami à qui je confiais le fait que je trouvais sa copine difficile à vivre car lui donnant des ordres en permanence m’a répondu « je sais mais je connais, elle est comme ma mère ». En vivant avec une mère en colère, l’enfant risque d’être attiré par de telles femmes, cherchant à revivre et résoudre cette relation jusqu’à ce qu’il comprenne que c’est inutile et qu’il est plus agréable de chercher la compagnie de femmes étant en paix.
- Le manque de respect envers une personne d’autorité reflète souvent la relation que vous entretenez avec vos parents biologiques. Si vous ne les acceptez pas tels qu'ils sont, vous aurez du mal à accepter toute figure d'autorité réelle ou imaginaire.
- Mon père étant mort quand j'avais cinq ans, il m’était difficile de rester zen devant un professeur qui me critiquait ou critiquait toute la classe en disant : « vous êtes tous des mauvais ». Et j'avais alors répondu « si on est tous mauvais, c'est la faute du professeur ». Derrière cette remarque sarcastique, je cherchais un soutien que je ne pouvais pas avoir.
- À une autre occasion, un responsable de service pensait me motiver en me lançant un défi pour une intervention chez un client qui avait acquis un logiciel notoire. Je persistais à lui demander des détails qu'il n'avait que faire. De la même manière, je cherchais un soutien que je ne pouvais pas avoir.
Passons aux origines systémiques, sont liés à des personnes du système familial, les plus difficiles à comprendre et à modifier.
Les dynamiques systémiques
Elles apparaissent suite à une intrication et se manifestent par un comportement morbide ou existentiel. La résolution consiste à identifier cette intrication puis d’en déduire une vision en ordre de son système.
L’intrication et ses conséquences
Bert Hellinger a mis à jour « l’intrication », l’identification inconsciente à une personne du système familial, différente des parents, dont on n’a pas accepté le destin et que l’on veut rappeler. Il parle aussi de l’amour du premier regard quand on voit la personne aimée telle que l’on la désire et l'amour du deuxième regard quand on la voit telle qu’elle est.
Les dynamiques familiales systémiques ont le même effet. Elles vous empêchent de voir la personne telle qu'elle est car ces fantômes que vous portez à l'intérieur de vous brouillent votre vue. La présence de ces « fantômes » entraînent 3 dynamiques familiales qui correspondent aux serments « j’expie une culpabilité personnelle » « je te suis dans la mort, dans la maladie ou dans ton destin » et « plutôt moi que toi, c’est-à-dire, je préfère partir ou mourir à ta place ». Ces dynamiques rappellent souvent une victime ou un persécuteur.
Citation de Bert
Bert Hellinger : je ne connais que trois dynamiques fondamentales : - vouloir suivre quelqu'un dans la mort ou dans la maladie, ou encore embrasser son destin ; - préférer partir ou mourir à sa place ; - vouloir expier une culpabilité personnelle.
Cette dynamique peut se refléter dans le sentiment que vous ne pouvez maîtriser. Êtes-vous plutôt en colère, tel un persécuteur n’osant pas demander de l’aide ou désespérée telle une victime expiatrice qui n’ose pas non plus demander de l’aide.
Plus rarement la relation avec les frères et sœurs influe sur nos comportements. Un homme ne fumant pas n’ayant pas fait le deuil de la mort de son frère qui fumait gardait ses cigarettes et les proposait à ses amis. Il « vivait » avec le mort.
Quelques exemples de comportements systémiques
La dynamique peut avoir un rapport plus ou moins fort avec la mort. Quand elle est très morbide, elle est comportementale. Quand elle l’est moins, elle est plus affective et s’exprime dans des pensées récurrentes ou des relations inadaptées.
Des comportements morbides ou de victime permanente
Quand la dynamique est morbide, la personne recherche une perfection disponible uniquement dans la mort et ne s’autorise pas de bienveillance, d’humanité envers elle-même… et souvent envers autrui. Elle va vouloir contrôler son environnement par des TOC, disparaitre en étant anorexique, travailler sans compter au risque de burnout. Elle peut aussi adopter des comportements addictifs à l’alcool, la cigarette, les réseaux sociaux, le sexe, la notoriété…
Ces comportements sont liés au système familial.
- Les addictions renvoient souvent à la mort d’un membre de la fratrie « je te suis ».
- L’anorexie, selon Bert Hellinger, renvoient à la mort d’une personne proche du père « plutôt moi que toi »
- La boulimie à une de loyauté entre les parents, vomir au nom du père et manger au nom de la mère.
- Les TS renvoient à une histoire familiale, sauf dans les histoires de Shakespeare qui accuse la femme d’être à l’origine du malheur de l’homme.
Des comportements existentiels
Voici d’autres comportements moins dangereux, toujours aussi peu bienveillants envers soi :
- Dans le cas d’un avortement, la mère va expier en se déclarant bloquée et le père verra ses projets avorter.
- D’autres feront tout pour être vu ou entendu et embrasser la carrière d’acteurs, de présentateur télévisé, de top modèle, d’homme politique cherchant la notoriété ou le pouvoir.
- La recherche de l’âme sœur est aussi systémique mais c’est le partenaire recherché qui est morbide, non vous directement… C’est l’être aimé qui fume, boit ou a des accidents et vous avez du mal à le quitter.
- Se faire du souci pour autrui est un léger signe de morbidité… Cela vous évite à faire du souci pour vous-même et comment vous faire du bien en étant en paix avec le malheur ou le destin d’autrui. Comme le dit BH « se faire du souci pour quelqu’un, c’est vouloir le faire mourir » comme dans le cas de codépendance.
Des pistes de résolution
En l’absence de travail de groupe qui résout l’intrication en s’appuyant sur des représentants du système, vous pouvez soit visualiser votre système soit visualiser celui de la personne avec qui vous avez des difficultés relationnelles et constater le résultat.
Visualiser son système familial « en ordre » peut apporter une certaine détente dans le corps et l’esprit et être une première confirmation de cette intrication. Si par exemple, la relation avec une personne est difficile, et si vous vous sentez mieux en imaginant votre lignée de même sexe derrière vous, vous évitez de prendre la personne « en face » pour un fantôme de votre système appartenant à votre lignée.
Le sexe de la personne en face est important. Si c’est un homme, vous pouvez imaginer votre père derrière vous ou, si c’est une femme, imaginez votre mère ou la mère de votre père ou la sœur morte d’un de vos parents, une personne de même sexe que votre interlocuteur.
Vous pouvez aussi faire un « lot » en imaginant vos deux parents derrière vous au début. Une autre vision peut vous donner des indices d’intrication.
Si vous êtes intriqués, cela signifie que vous voulez rappeler une personne ayant un lien avec vos parents. Vous voulez les « sauver » en comblant un manque parfois imaginaire. Vous vous faites du souci pour leur destin et ne serez sûrement pas en paix en pensant à leur mort, qu’ils soient réellement morts ou encore vivants. C’est pourquoi vous pouvez les imaginez à votre droite avec leur mort en face et constater si l’on est en paix avec cet événement passé ou à venir…
En conclusion, de la difficulté d’être soi
Être adulte signifie accepter la mort des parents, qu’ils soient réellement morts ou vivants et avoir une relation authentique avec autrui en osant lui demander de l’aide le cas échéant. En le voyant tel qu’il est, humain et vulnérable, vous avez fait le ménage dans vos visions et dans vos comportements inadaptés. Vous acceptez de vous montrer aussi humain et vulnérable, mortel, parlant de soi avec bienveillance, acceptant victimes et persécuteurs, le bien et le mal, vos parents et les membres de votre système tels qu’ils sont et qu’ils furent.
Ces contenus accompagnent un chemin personnel ; ils ne remplacent pas l’avis d’un médecin.





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