Et si mes pensées créaient ma réalité ? Le pouvoir des croyances
Et si mes pensées créaient ma réalité ? Décrypter le pouvoir des croyances sur notre vie.

Nous ne sommes pas esclaves de nos émotions comme le suggèrent les bouddhistes mais de nos croyances envers nous-même, autrui ou la vie. Voici un article sur les croyances personnelles les plus courantes et comment les identifier et les modifier.
Nous commencerons auparavant par un rappel de quelques notions liées telles que besoin et comportement et de leurs interactions et nous terminerons par un exercice simple pour favoriser la croyance essentielle “je peux être en paix”.
1. Le rôle central des croyances
Suivant la Communication NonViolente de Marshall Rosenberg, qui distingue Observation, Sentiments, Besoins et demandes, les émotions ou les sentiments sont provoquées par des besoins satisfaits ou non. La Communication NonViolente propose une liste d’émotions et de besoins tels que la sécurité, le plaisir, l’empathie, la paix, le soutien, la liberté de choix, la contribution à son bien-être ou au bien-être d’autrui.
Elle les distingue des stratégies qui dépendent du temps ou d’autrui. En Communication NonViolente, un besoin est universel et il est important de préciser “j’ai besoin de” et non “j’ai besoin que tu” quand une demande est émise.
Ainsi, pour remplir un besoin d’empathie, il est préférable de demander à quelqu’un qu’il reformule votre besoin ou de lui dire “j’aimerais que tu me précises ce que tu as entendu” plutôt que “j’ai besoin que tu sois empathique avec moi ou que tu devines ce dont j’ai besoin”.
Nos comportements remplissent nos besoins. Par exemple, je suis content quand je mange une glace car cela me procure du plaisir. Je suis aussi content quand je jeûne car je satisfait un besoin de prendre soin de ma santé.
A contrario, je peux être triste d’avoir mangé une glace car je n’ai pas satisfait mon besoin de prendre soin de moi ou en colère contre mon conjoint quand il déguste une glace devant moi quand je jeûne car cela ne satisfait pas mon besoin d’empathie ou de soutien.
Ces événements, ces stimulus, peuvent engendrer des comportements adaptés ou non à la situation ou à la relation. Quand ces comportements sont compulsifs, la croyance « je n’ai pas le choix » est souvent sous entendue. “Je n’ai pas le choix de ma réaction car l’autre en est responsable”. Cette croyance est équivalente à “je suis impuissant”.
Ainsi, à chaque instant, nous avons le choix de notre comportement, de notre réaction vis-à-vis d’un stimulus en fonction de notre besoin du moment. Ce stimulus peut être externe comme une parole, un geste d’autrui, un événement tel que “il pleut” ou un non événement tel que “il ne pleut pas” ou “il ne m’a pas dit bonjour” ou une “interne”, une pensée sur le passé, le présent ou l’avenir… “je dois travailler pour gagner de l’argent, je n’ai pas le choix”.
Les besoins identifiés par la CNV sont intimement liés aux croyances. la croyance négative « Je suis en danger » est liée à un besoin de sécurité et la croyance positive « je suis impuissant » à un besoin de liberté de choix. Le protocole EMDR associe des niveaux de détresse aux croyances négatives et de véracité aux croyances positives.
Nos comportements sont influencés par nos besoins et de leur hiérarchie, c'est-à-dire de l’influence plus ou moins fortes de nos croyances, de leur degré de véracité. Avez-vous plus besoin d’aventure ou de sécurité ? Votre besoin de plaisir est-il plus important que celui de prendre soin de votre santé ? Alors, vous risquez de déguster votre glace en promotion. Cela dépend du moment… Cette hiérarchie est quelquefois appelée hétéarchique pour évoquer sa dépendance au temps.
Les croyances ont donc un rôle pivot car elles correspondent aux besoins, elles engendrent des émotions et influencent nos comportements en réaction d’un événement, qu’il soit stimulus externe ou non.

2. Quizz sur vos croyances
Voici une liste des croyances positives les plus courantes. je vous propose de noter leur niveau de véracité (entre 0 et 100 %) quand vous y pensez. Le paragraphe suivant les détaillera.
- Je peux me sentir en sécurité
- Je peux être en paix
- je peux supporter les émotions d’autrui
- je suis innocent
- j’ai des choix… dans la vie
- je peux contribuer à mon bien-être
- je peux contribuer au bien être d’autrui
- j’ai de la valeur

3. Une progression temporelle
D’enfant à adulte, les besoins et les croyances associées évoluent. La plupart des croyances naissent à l’occasion de traumatismes, qu’ils soient personnels ou transgénérationnels.

3.1 Les croyances enfantines
L’enfant a besoin de sécurité émotionnelle et d’appartenance, deux besoins qui peuvent paraître contradictoire. Il peut pleurer quand ses parents s’éloignent de lui et est prêt à obéir à leur obéir même si cela le met en danger, à rester auprès d’eux en cas de violence familiale par exemple. Ces besoins correspondent aux croyances « je suis en danger » et « je suis coupable » s’ils ne sont pas satisfaits. La recherche de l’innocence est donc un comportement enfantin.
L’enfant peut aussi se sentir impuissant à juste titre vis à vis de situations qu’il n’a pas choisies telles que l’adoption, l’éloignement, des scènes violentes sans qu’il puisse intervenir. Changer de croyances nécessitera de laisser l’événement dans le passé pour rester au temps présent à l’âge adulte. « je suis impuissant » deviendra alors « j’ai des choix ». Ce changement de croyance est souvent opéré lors de séances de thérapies telles l’EMDR ou les constellations familiales qui remontent souvent le temps pour cicatriser l’événement passé non intégré dans le présent.
3.2 Les croyances d’un adulte
Si vous avez accepté d’être responsable de vos émotions, de vos comportements et de vos pensées, sans accuser vos parents ou les personnes de votre entourage, alors vous êtes sur la voie d’être un adulte qui ose demander de l’aide pour satisfaire ses besoins.
Adulte, vous prenez plus conscience de la vie et de sa finitude. Si vous n’acceptez pas votre mort, vous pouvez la provoquer en fumant, rechercher la notoriété pour vous sentir immortel ou une perfection de votre environnement comme dans des TOC ou une exigence extrême pour vos proches, voulant qu’ils soient parfaits comme vous voudriez l’être. Vous êtes alors empathique ni avec vous ni avec autrui.
Les croyances « je peux être en paix » ou « je peux le supporter » sont alors des croyances pivots, car, accepter d’être imparfait, de faire des erreurs et du mieux que l’on peut favorise le passage à l’action. Au lieu de vivre des dilemmes paralysants, vous agissez quitte à faire le deuil de ce que vous auriez voulu accomplir et qui n’a pas été réalisé. Vous élaborez des projets et acceptez le résultat, qu’il soit positif ou négatif, qu’il corresponde à votre vision initiale ou non.
Si vous acceptez de ne pas être en paix provisoirement au nom d’un besoin supérieur, vous êtes sur la voie de… prendre soin de vos besoins spirituels tels que d’enrichir votre vie, celle des autres et de supporter la douleur d’autrui sans vouloir la partager. Si, par exemple, vous acceptez de prendre soin de votre enfant même s’il vous réveille la nuit, c’est au nom d’un besoin de contribuer à la vie qui vous motive au détriment de votre sommeil. Vous pouvez supporter de vous lever pour remplir ce besoin.
De la même manière, accepter de supporter un désagrément passager est un pas important pour “surmonter” des addictions. Cette croyance « je peux le supporter » vous aide à arrêter de boire, de fumer, de manger en excès, pour prendre soin de vous.
3.3 Contribuer à la vie
Paradoxalement, vous acceptez alors de prendre soin de vous… avant de prendre soin d’autrui en vous épuisant. Vous n’êtes plus l’enfant qui veut sauver ses parents pour appartenir à leur systèmes, vous placez « je peux prendre soin de moi » avant le « je suis coupable » de règles de vos groupes d’appartenance.
4. Changer de croyance
Les croyances ont leur origine dans votre enfance, des systèmes d’origine de vos parents. Quand elles sont négatives, elles proviennent de traumatismes personnels ou systémiques. A chaque type de trauma correspond une technique qui met à jour l’origine et favorise le changement de croyance. Ces « cicatrisations » peuvent être rapide, de l’ordre de quelques séances.
Néanmoins, il arrive très souvent que les croyances perdurent même si la cicatrisation du traumatisme a été effectuée. De vivre longtemps avec une croyance l’engramme dans le cerveau et il est indispensable d’utiliser son cerveau pour la « déprogrammer » et cela peut prendre des dizaines d’années…. Au minimum. La solution se passe en 3 temps : stop, penser et agir. Voici des pistes respectant ces 3 temps.
Stop.
Comme nous sommes l’esclave de nos pensées, le premier pas est de faire un stop pour éviter qu’elles ne s’enchaînent les unes aux autres en se promenant sur la croyance négative. Si vous pensez au temps qu’il fait aujourd’hui, qu’il fait froid et qu’il pleut et que vous passiez à l’évocation d’une journée passée à vous ennuyer chez vous en mangeant des sucreries, vous vous promenez sur la croyance « je suis impuissant ».
Si vous passez à l’évocation d’une matinée passée à écrire dans un salon de thé en regardant la pluie tomber dans la jolie cour, alors vous surfez sur « j’ai des choix » ou « je peux contribuer à mon bien être ».
Comment favoriser ce stop ? En le cultivant, en méditant régulièrement, en faisant des exercices de respiration, en allant dans la nature… qui favorisent votre paix de base.
Pense
Le deuxième temps, la réflexion, fait souvent l’objet d’une question qui vous oblige à prendre du recul sur le stimulus, interne ou externe, et votre pensée. Voici quelques exemples : « Quelle est ma pensée ? », « que s’est il passé ? » « Quel est mon besoin ? » « Quelle est ma prochaine pensée ? » Ce cap est indispensable pour évoluer. Méditer ne suffit pas pour faire évoluer ses pensées car il faut d’abord l’identifier avant de la “démonter”.
Agit
Être dans l’action nous rend responsable de notre chemin. Si vous restez dans l’émotion, c’est une excuse pour ne pas agir. Voici quelques pistes d’actions : écrire sa pensée, fatiguer son corps en courant ou en dansant, demander de l’aide pour trouver le besoin, tapoter alternativement ses épaules pour baisser le stress dûe à la pensée négative ou pour augmenter la véracité de la croyance positive, échanger avec autrui dans un groupe d’entraide pour rester empathique vis à vis de soi et d’autrui..
Conclusion
Travailler sur ses pensées et ses croyances est indispensable si vous voulez vivre de manière responsable et enrichissante. En paix avec votre vie et vos ressources limitées dans le temps, vous pouvez être à même de danser sous la pluie ou d’allumer votre bougie dans les ténèbres.
Méditation guidée
Vous allez maintenant respirer tranquillement et scanner votre corps de la tête au pied en testant la croyance de base “je peux être en paix”. Évaluer une première fois la véracité de cette croyance “je peux être en paix” entre 0 et 100 %.
En scannant votre corps, sentez si une partie de votre corps réagit, comme si elle n’était pas d’accord avec cette croyance positive “je peux être en paix”. Posez une main, si c’est possible avec cette partie de votre corps et pensez “je prends de toi”. Respirez plusieurs fois en pensant à cette partie de vous-même qui n’est pas en paix.
Puis dites-lui “tu peux être en paix” en tapotant alternativement chaque épaule avec la main opposée pendant 30 secondes. Puis rescannez tout votre corps avec la croyance “je peux être en paix” en réévaluant son niveau de véracité entre 0 et 100 pour cent. Si le niveau est monté, vous referez l’exercice plus tard afin de favoriser cet état. S’il stagne, il est probable qu’un traumatisme vous empêche d’atteindre cet état. Vous pouvez alors demander de l’aide.
Ces contenus accompagnent un chemin personnel ; ils ne remplacent pas l’avis d’un médecin.





