Stéphane Allix : son enquête sur la survie de la conscience

La preuve que l’âme est immortelle

Depuis vingt ans, Stéphane Allix explore les zones d’ombre de l’existence avec la rigueur d’un journaliste et la sensibilité d’un chercheur de sens. Ancien reporter de guerre, fondateur de l’INREES et auteur de nombreux best-sellers, il revient avec « La Preuve » (Harper Collins), un livre-enquête qui confronte la science à l’invisible. Sans jamais verser dans le mysticisme, il y mène une expérience inédite pour répondre à une question vertigineuse : la conscience survit-elle à la mort du corps ? À travers un protocole d’une rigueur rare, il tente d’établir, faits à l’appui, que les âmes continuent de communiquer depuis l’autre côté.

Une enquête pour la vérité

Au cœur de sa démarche, une exigence : transformer l’intuition en faits. Pour éprouver la médiumnité, Stéphane Allix décide de la confronter à une affaire criminelle, en reproduisant un protocole inspiré des recherches menées par Julie Bieschel (voir magazine Consciences de novembre 2025). Lorsqu’il rencontre les médiums pour leur présenter la photo d’Aurélie, une jeune femme victime d’un assassinat, rien n’est laissé au hasard : Stéphane ne connaît rien du crime, il ne peut donc rien transmettre comme indices ou comme feed-back, seulement écouter avant de vérifier.

« Je reste journaliste et curieux dans l’âme. Donc je passe ma vie à faire des expériences, à suivre des pistes. Je leur dis : “voilà cette personne sur la photo est décédée, entrez en communication avec elle et dites-moi ce qui peut être dit”. Moi je ne dis rien. Les médiums parlent, j'enregistre ce qu'ils disent et à la fin de la séance, sans leur avoir fait aucun retour, je retranscris leurs paroles. Une fois tous les médiums rencontrés, j’ai ensuite vérifié avec le papa d'Aurélie ce qui est juste, ce qui est faux, ce qui est vague et le reste. Pendant la séance, je suis complètement « poker face ». Donc le médium n'a rien.

Systématiquement, tous les médiums que j'ai interrogés ressentent dès le début de la séance physiquement des coups sur leur corps. Tous m’ont dit « Cette jeune fille a été tuée de façon violente. » Déjà, cette convergence-là est stupéfiante… Elle est la preuve et la démonstration qu'on communique réellement avec Aurélie qui est décédée depuis 15 ans. »

Quand tu es avec un vrai médium, tu n'es pas dans l'à peu près, tu n'es pas dans des grandes généralités du style “Oh, j'ai l'impression de capter quelqu'un qui est heureux.” »

Quand les morts parlent autrement

Dans ses recherches, Stéphane Allix a remarqué que la communication médiumnique n’est pas un dialogue ordinaire : elle ressemble à un flux sensoriel et imagé que le médium doit traduire. Ce langage sans mots explique souvent les décalages apparents, qui sont moins des erreurs que les effets de cette traduction.

Quand les morts parlent autrement

« Une communication médiumnique n'est pas une communication entre deux êtres identiques… L’interlocuteur est une personne désincarnée, qui n'a plus de corps, plus de cerveau, qui n'est plus limitée par l'espace et le temps… Parfois les médiums entendent une lettre, un mot, un prénom… Mais plus généralement, ils ont des sensations physiques. La communication médiumnique, c'est un transfert d'informations sensorielles. »

Pour nous faire comprendre, le journaliste utilise cette métaphore : « Si je te raconte un film, ça prendra du temps. Si je t'envoie tout le DVD, tu vas avoir l'entièreté du film en une fraction de seconde. La communication avec un défunt, c'est un peu ça. Les défunts envoient le DVD de leur vie. C'est difficile pour eux de comprendre ce qui est important et de donner du sens à tous les éléments de leur existence. Parfois le défunt ne donne pas son prénom et on ne comprend pas pourquoi, il y a des choses qui semblent être des erreurs… Mais c'est plus dû à cette approximation et à cette difficulté qu'a le médium à traduire les infos transmises.

Dans le cas de mon enquête, tous sont spécifiquement sur des ressentis corporels qui correspondent à ceux que Aurélie a éprouvé au moment de son décès. Pour autant, on n'est pas dans la magie ! Moi, ce que je mets en évidence, c'est que tous ces phénomènes, la médiumnité, la survie de la conscience sont des réalités. Les morts ne sont pas morts, la conscience survit à la mort du corps. Mais on ne bascule pas pour autant dans « Harry Potter » où, tout d'un coup, tous nos fantasmes seraient possibles et réalisables. J'essaie d'avoir une approche réaliste et de comprendre réellement les possibilités et les limites de ces phénomènes. Et c'est aussi peut-être un des éléments importants de ce livre : montrer ce que l'on peut faire avec la médiumnité, mais de montrer aussi ses limites. »

Des blessures qui ouvrent des portes

Accidents, deuils, violences, EMI… Chez de nombreux médiums, la faille biographique devient passage. Stéphane Allix y voit un mécanisme d’ouverture perceptive, parfois brutal, souvent irréversible :

« C'est une observation très intéressante… J'ai souvent entendu des médiums qui ont vécu des épisodes traumatiques dans leur enfance et qui semblent liés à l'émergence de leurs capacités extrasensorielles. Ce n'est pas non plus systématique mais c'est quand même troublant ! Des épisodes difficiles, traumatiques, peuvent avoir comme conséquence l'ouverture de perceptions extrasensorielles. C’est comme si nous vivions dans une forteresse et que, tout d'un coup, un accident de voiture, un trauma, une expérience de mort imminente va ébranler cette espèce de forteresse et créer des failles, des ouvertures. C'est possiblement par ces failles qu'on peut se mettre à percevoir des choses que l'on n'a jamais appris à percevoir. Dans le cas des expériences de mort imminente, on constate que l'ouverture de capacités perceptives est assez systématique.»

Médiums, voyants, mentalistes… tous testés

Au-delà des séances, l’enquête menée par le journaliste croise les vécus spontanés des endeuillés, fait la distinction entre voyance et médiumnité et compare même le travail des médium avec celui du mentaliste Fabien Olicar. À chaque étape, l’exigence reste la même : objectiver, recouper, contextualiser.

Lorsqu’il a soumis la photo d’Aurélie au mentaliste, Stéphane Allix souhaitait croiser sa méthode avec celle des médiums. « Tout de suite, Fabien Olicar a noté les limites de sa pratique : « Je ne vais pas affirmer quelque chose au risque de me tromper. » Alors que les médiums, quand ils me disent qu’Aurélie a reçu des coups, ils m'affirment ces choses parce qu'ils les ressentent. Ils ne sont pas dans la construction d'une hypothèse, ils n’essaient pas de tester une piste pour voir comment je réagis, ils disent ce qu'ils ressentent, un point c'est tout. Ils assument et ça, ça a beaucoup troublé Fabien. »

Tous les voyants ne sont pas médiums

« Si les médiums communiquent avec les êtres désincarnés, les voyants, eux, accèdent à une sorte de « Cloud », de mémoire collective dans laquelle le temps et l’espace n’existent pas. Le voyant va utiliser ses perceptions pour capter dans le passé ou dans le futur de l'information se rapportant à la personne qui vient le consulter, sans que ça fasse intervenir de défunt. Alexis Tournier, le voyant que j'ai sollicité, est quelqu'un qui ne pratique pas la médiumnité : il ne fait pas de consultation médiumnique avec les défunts, il n'aime pas ça. »

Autre sujet passionnant abordé : les VSCD, vécus subjectifs de contact avec un défunt. Nous serions très nombreux à recevoir des signes après le décès d’un proche ! « Mon amie Suisse Evelyn Elsaesser est l’une des plus grandes chercheuses au monde sur la question. Elle a collecté avec ses équipes des milliers de témoignages. Ces signes vont des sensations très subtiles, une sentiment de présence, une sensation tactile sur l'épaule, un souffle, un coup de vent dans la maison alors que les fenêtres sont fermées, des plumes, des choses comme ça qui sont très subjectives et difficiles à objectiver, mais qui ont souvent un impact émotionnel très fort sur les personnes qui les vivent.

Le papa d’Aurélie, Pierre, est une personne très censée, très cartésienne. Lorsqu’il a commencé à recevoir des signes, il s’est dit « bon ça, c'est moi qui interprète, je ne suis pas du tout sûr, peut-être que je me laisse aller ». Donc il s’est mis à les noter dans un tableau Excel pour vraiment détailler ce qu'il dit. Et on peut voir qu’il a vécu des choses qui sont totalement inexplicables, comme cet épisode dans son garage : il est minuit, on est quelques semaines après après la mort d'Aurélie. Et il est très bouleversé, plein d'émotions. Et il s'adresse à sa fille en lui disant, « Je t'aime Aurélie, je t’aime ». Et là, tout d'un coup, sa voiture se met à s'allumer dans tous les sens, les phares, les clignotants, tout s'allume et pendant plusieurs minutes, ça ne s'arrête pas.

Voilà quelque chose qui est parfaitement inexplicable, impossible. L'esprit rationnel de Pierre l'incite le lendemain à aller au garage pour demander au garagiste si ce type de choses peut être spontanément possible ? Et le garagiste dit, « Ben non, bien évidemment !» La clé était même pas sur le contact ! Cette rigueur et en même temps cette ouverture d’esprit de la part de ce monsieur m’a beaucoup parlé.

Les aléas de la médiumnité

Une fois sur 10, même pour un très bon médium, la communication ne va pas s’établir parce qu'il est fatigué, qu’il a mal dormi, que ça ne passe pas bien avec la personne qui vient le consulter voire éventuellement parce que le défunt n'a pas envie de se manifester. Donc il ne force pas. Dans un cas comme celui-là, le médium sent que ça ne marche pas et il le dit, il l'exprime. Il n'essaye pas de vous empapaouter et de vous faire croire à des trucs en vous disant des généralités. Assez rapidement, il vous dit "ça ne passe pas" et il arrête la séance. Et en général, pour les médiums que je connais, il ne fait pas payer et vous repartez.

Dans ma vie, j'ai rencontré quelques charlatans, mais j'ai surtout rencontré beaucoup de gens qui se croient médium et qui ne le sont pas. Un moyen assez simple pour savoir chez qui vous êtes, c’est de parler le moins possible. Parfois le médium a besoin du prénom ou d'une photo. Mais c'est tout ce que vous lui donnez ! Vous n'avez pas besoin de parler : si le défunt est là et si le médium est vraiment médium, le contact est possible et le défunt va donner quelques indications très détaillées, très spécifiques qui vont permettre d'apporter la preuve que c'est bien lui. Ça marche comme ça.

Avec ceux qui vont dire « je vois une vieille dame avec des cheveux blancs » alors que toi, tu viens de montrer la photo de ta grand-mère par exemple, on peut avoir des doutes. La personne est peut-être un charlatan, ou peut-être une personne qui pense qu'elle est médium mais qui ne l’est pas, du coup elle ratisse très large. Dans une séance de médiumnité, on a souvent envie que ça marche. Donc on n’est pas objectif. Méfiance ! »

Rien ne meurt, tout se transforme

Cette enquête, qui conjugue protocole et sensibilité, ne prétend pas abolir le mystère de la mort : elle l’éclaire. À l’horizon, une conséquence éthique : si la conscience continue au-delà de la mort physique, la relation aux défunts exige respect et discernement ; et la relation aux vivants, une grande responsabilité.

« Aujourd’hui, je peux l’affirmer : la conscience n'est pas produite par le cerveau. Quand le cerveau meurt, la conscience continue de vivre ! C'est pour ça que la mort n'existe pas d'un point de vue de la conscience. Les morts ne sont pas morts, la conscience survit à la mort du corps. »

Autre bonne nouvelle : « Manifestement, les circonstances dans lesquelles nous mourrons n'impactent pas durablement la poursuite de notre évolution au-delà… Nos proches décédés peuvent retrouver la paix. Aujourd’hui, Aurélie est bien. Elle est joyeuse, elle n'est plus prisonnière de la violence qui a été celle de son départ. » Ses proches le savent désormais : elle repose en paix.

Author

Stéphane Allix est journaliste, auteur et réalisateur. Ancien grand reporter, il a créé les Enquêtes extraordinaires sur M6, l’INREES ainsi que l’excellente revue Inexploré, devenue une référence dans le domaine de la spiritualité. Ses livres, traduits dans plusieurs langues, explorent les liens entre science, spiritualité et conscience. Parmi ses titres : « Le Test », « La Mort n’existe pas » et « La Preuve ». Il anime également des conférences et documentaires sur la continuité de la vie après la mort. Suivez Stéphane Allix sur Instagram

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Janvier 2026

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