Harry Roselmack : la métaphysique pour comprendre pourquoi on est là

Harry Roselmack, l'autre visage du journaliste star

Le journaliste star du 20 heures de TF1 mène depuis des années une double vie : celle d'un penseur qui explore le sens de l'existence. Son message ? Nous avons le pouvoir de transformer nos vies, à condition de changer d'abord notre regard.

En 2006, Harry Roselmack devient le premier présentateur noir du journal télévisé le plus regardé de France. Mais ce que le public ignore, c'est qu'en parallèle de sa carrière médiatique, il poursuit une quête bien différente : comprendre pourquoi nous sommes là. Aujourd'hui auteur de plusieurs livres (« Il n'est jamais trop tard pour naître », « Dieu, la source et l'univers philosophal »), il partage le fruit de vingt ans de réflexion. Une philosophie concrète, accessible, qui offre des clés pour vivre mieux au quotidien.

Harry Roselmack : « J'ai voulu comprendre pourquoi on est là »

Pourquoi suis-je là ? Qu'est-ce qui compte vraiment ? Ces questions, tout le monde se les pose un jour. À 3 heures du matin, face à un deuil, ou simplement en regardant le ciel étoilé. La métaphysique, c'est justement l'art de prendre ces questions au sérieux. Le mot vient du grec et désigne ce qui dépasse le monde visible : la nature profonde de la réalité, le sens de l'existence, ce qui existe au-delà de ce que nos cinq sens perçoivent.

Harry Roselmack : « J'ai voulu comprendre pourquoi on est là »

Harry Roselmack s'est plongé dans ces questions il y a plus de vingt ans. Sa définition est limpide : « La métaphysique, c'est l'étude de l'existence. C'est essayer de comprendre ce concept qui englobe tout ce qui est. » Pour lui, pas besoin d'être philosophe de formation. « C'est un peu comme l'alpinisme », explique-t-il. « Chacun peut monter d'un côté de la montagne, mais on arrive au même sommet. » Son parcours est celui d'un autodidacte, guidé par une curiosité insatiable et une méthode de journaliste : chercher des sources, recouper les informations, construire un raisonnement solide.

Concrètement, la métaphysique fournit des outils pour mieux naviguer dans la vie. Elle aide à prendre du recul sur les événements, à ne pas se laisser submerger par les émotions, à faire des choix plus alignés avec ce que l'on veut vraiment. « Une fois que vous avez compris intellectuellement certains mécanismes, vous arrivez à les activer », assure Harry Roselmack. « Vous pilotez votre vie au lieu de la subir. »

La métaphysique, c'est essayer de comprendre l'existence. C'est le concept le plus vaste qu'on puisse imaginer : tout ce que l'on peut penser rentre dans son champ.

Trois principes pour transformer sa vie

De ses années de recherche, Harry Roselmack a tiré trois grandes leçons. Trois principes qui, mis en pratique, peuvent changer radicalement notre façon de vivre. Ils sont simples à énoncer, mais demandent un vrai travail pour être intégrés.

Premier principe : viser l'harmonie plutôt que la victoire

Dans notre société, tout pousse à la compétition : être le meilleur, gagner, dominer. Harry Roselmack propose un autre objectif : l'harmonie. « L'harmonie, c'est prendre en compte l'ensemble, pas seulement le particulier », explique-t-il. « Ce n'est pas deux personnes qui gagnent aux dépens du reste. C'est un équilibre qui intègre tout le monde. »

Par exemple, dans un conflit familial, chercher à « avoir raison » mène souvent à l'impasse. Chercher l'harmonie, c'est se demander : quelle solution permettrait que chacun se sente respecté ? Cette approche change tout , dans le couple, au travail, entre amis. Elle demande de sortir de son propre point de vue pour considérer l'ensemble.

Deuxième principe : suivre l'amour comme une boussole

Pour Harry Roselmack, l'amour n'est pas qu'un sentiment : c'est une force fondamentale de l'univers. « On ne demande jamais à quelqu'un pourquoi il aime », fait-il remarquer. « On peut lui demander pourquoi il aime telle personne, mais jamais pourquoi il aime tout court. L'amour nous est transcendant, il fait partie de ce que nous sommes. »

Application pratique : face à une décision difficile, se demander « où est l'amour dans cette situation ? » peut éclairer le chemin. Choisir un travail uniquement pour le salaire, sans aucune forme d'attachement à ce qu'on fait, mène souvent à l'épuisement. À l'inverse, mettre de l'amour dans ses actions, même les plus banales, les transforme.

Troisième principe : la pensée précède la réalité

Voici peut-être le principe le plus puissant, et le plus vérifiable au quotidien. « Tout ce qui nous entoure a d'abord été pensé avant d'exister », rappelle Harry Roselmack. « Cet ordinateur, cette table, ce bâtiment. Tout cela a existé dans l'esprit de quelqu'un avant de se manifester dans le monde matériel. »

Harry Roselmack en donne un exemple personnel frappant. En 2000, TF1 lui propose de présenter la météo. Il refuse : ce n'est pas ce qu'il veut faire. Il veut être journaliste d'information générale. Pendant six ans, il garde ce cap, met toute son énergie dans cet objectif. En 2006, TF1 revient vers lui pour lui proposer le 20 heures. « Si j'avais accepté la météo six ans avant, jamais je n'aurais présenté le 20h », analyse-t-il aujourd'hui. « En mettant mon énergie dans ce que je voulais vraiment, j'ai permis à cette opportunité d'émerger. »

En choisissant une information non manifestée, l'un des possibles de mon avenir, et en y mettant mon énergie, j'ai permis à cette information de se manifester dans ma vie.

La peur : l'obstacle numéro un (et comment le surmonter)

Si Harry Roselmack devait résumer le principal obstacle au bonheur, il tiendrait en un mot : la peur. « C'est le défi principal de l'humanité », affirme-t-il. « La peur a été utile à nos ancêtres pour survivre face aux prédateurs. Mais aujourd'hui, elle a pris trop de place. Elle nous empêche d'aimer, d'oser, d'avancer. »

Parmi toutes les peurs, celle de la mort occupe une place centrale. Elle empoisonne secrètement nos vies, nous pousse à accumuler, à nous accrocher, à refuser le changement. Pourtant, pour Harry Roselmack, cette peur repose sur une erreur fondamentale : croire que la mort est une chute dans le néant.

« Le néant n'existe pas », explique-t-il. « Ce qui provoque la peur de la mort, c'est l'idée de disparaître complètement. Mais même sur le plan physique, les atomes de notre corps ne disparaissent pas. Ils se transforment, se mélangent à d'autres, durent des milliards d'années. Il n'y a aucune raison de penser que ce qui fait notre conscience disparaîtrait. La mort n'est pas une fin, c'est un changement d'état. »

La vie est une parenthèse de l'existence. La mort n'est pas une chute dans le néant , c'est une autre forme d'existence.

Comment vaincre la peur ? Par la connaissance, répond Harry Roselmack. « Il n'y a rien qui fait plus peur que l'inconnu. Donc défricher cet inconnu, comprendre comment fonctionne l'existence, ça fait naturellement reculer la peur. Et quand la peur recule, l'amour avance, parce que souvent, c'est la peur qui nous empêche d'aimer pleinement. »

Le détachement : choisir au lieu de subir

Cette compréhension mène à ce qu'Harry Roselmack appelle le détachement. Attention : il ne s'agit pas d'indifférence ou de froideur. « Ce n'est pas 'je m'en fiche'. C'est : ce qui peut arriver ne me fait plus aussi peur. Je choisis la joie, je choisis l'amour, je choisis la paix, au lieu de les subir ou de les espérer passivement. »

Par exemple, une personne détachée peut recevoir une mauvaise nouvelle sans s'effondrer. Non pas parce qu'elle ne ressent rien, mais parce qu'elle a une vision plus large. Elle sait que cette épreuve fait partie d'un ensemble plus vaste, qu'elle passera, qu'elle peut même être source d'apprentissage. Le détachement, c'est récupérer sa liberté face aux événements.

Il n'est jamais trop tard pour commencer

Ces idées peuvent sembler abstraites. Pourtant, Harry Roselmack insiste : elles fonctionnent. Il les a lui-même appliquées, souvent de façon intuitive, avant même de les formaliser. L'exemple du 20 heures en est la preuve. « Ce sont des mécanismes », explique-t-il. « Une fois qu'on les comprend, on peut les activer consciemment. »

Ce qui rend son approche précieuse, c'est qu'elle ne demande ni d'adhérer à une religion, ni de suivre un maître, ni de renoncer à son esprit critique. Au contraire : elle invite à utiliser son intelligence pour comprendre, et cette compréhension pour mieux vivre. « La vraie spiritualité n'est pas une naïveté », écrit-il. « C'est une compréhension qui peut nous sauver. »

Le titre de son premier livre (« Il n'est jamais trop tard pour naître ») n'est pas une formule creuse. C'est une invitation concrète. Quel que soit l'âge, le parcours, les erreurs passées, il est possible de changer de regard et, par conséquent, de changer de vie. « Le changement doit se faire d'abord dans nos têtes », rappelle-t-il. « Et nos têtes, nous en avons le contrôle. »

Lors d'un voyage au Sénégal, un guérisseur a donné à Harry Roselmack un nom qui signifie « messager ». Le message qu'il porte est finalement simple : nous sommes plus vastes que nos peurs, plus durables que nos corps, plus libres que nous ne le croyons. Il suffit de le comprendre, vraiment, pour commencer à le vivre.

La vérité fondamentale est très rassurante. L'une des façons de gagner en contrôle sur la peur, c'est de gagner en connaissance.

QUATRE EXERCICES POUR COMMENCER DÈS AUJOURD'HUI

1. Clarifier son désir profond. Prendre une feuille et noter ce qui nous anime vraiment et non ce qu'on attend de nous. Puis y consacrer un peu d'énergie chaque jour, sans forcer.

2. Élargir son regard. Face à une difficulté, se demander : quelle place occupe vraiment cet événement dans l'ensemble d'une vie, de l'humanité, de l'univers ? Souvent, la réponse apaise.

3. Identifier ses peurs. Qu'est-ce qui empêche d'aimer pleinement, d'oser, d'avancer ? Nommer la peur, c'est déjà lui retirer une partie de son pouvoir.

4. Choisir plutôt que subir. Face à chaque situation difficile, se répéter : « Choisir la paix. Choisir la joie. Choisir l'amour. » Ce n'est pas de la pensée magique. C'est reprendre le gouvernail de sa vie.

POUR ALLER PLUS LOIN

Livres : « Il n'est jamais trop tard pour naître » et « Dieu, la source et l'univers philosophal » (éditions Michel Lafon). Nouveau livre prévu en mai 2026.

Réseaux : Instagram et Facebook @harryroselmack

Ces contenus accompagnent un chemin personnel ; ils ne remplacent pas l’avis d’un médecin.

Dans le numéro 15

Mars 2026

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avec Harry Roselmack, et sur le même sujet