Toute la lumière du Shadow Work
Depuis quelques mois, son nom est sur toutes les lèvres… et sur de nombreux livres. Le Shadow work, ou travail de l’ombre, est en passe de devenir le nouveau nec plus ultra du rayon développement spirituel. Mais de quoi parle-t-on au juste ? A quoi correspond ce « travail » et quels bénéfices peut-on en tirer ? On fait le point avec Géraldine Prévot-Gigant, psychopraticienne, conférencière et autrice de 17 ouvrages dont le dernier, « Le Shadow Work des hypersensibles spirituels », vient de sortir aux éditions Leduc.

Le Shadow Work ou travail de l’ombre, en français ou en anglais, inquiète autant qu’il intrigue. « Sous nos latitudes, l’idée de l’ombre, de l’obscurité, est forcément teintée de peur, une peur instinctive et réflexe. On se dit que si c’est de l’autre côté, derrière la porte de notre inconscient, c’est qu’il y a une bonne raison. La peur est donc assez naturelle. Mais ce qui compte, c’est que l’envie d’aller explorer prédomine, » souligne la spécialiste. Et si elle se fait pressante aux moments clés de notre existence, cette curiosité, cette envie de mieux se connaître nous tenaille généralement toute notre vie. Car notre part d’ombre, cette part de nous que nous nous cachons, prend autant de place que notre part connue. Tout comme le jour égale la nuit…
« Quand on parle d’ombre, la majorité des personnes pensent qu’on va aller explorer leurs défauts, les trucs les plus dark, les aspects les plus sombres de leur être. Ce qu’il est important de retenir, c’est qu’aller vers nos parts d’ombres, c’est aller découvrir ce qu’on ignore de soi, pas forcément ce qu’on rejette de soi », précise Géraldyne Prévot-Gigant. « Même si c’est aussi explorer les parts de soi que l’on cache, que l’on n’ose pas montrer, c’est surtout découvrir des aspects de soi qu’on ignore totalement parce que nichés dans notre inconscient. Quand on dit ça, ça détend un peu l’atmosphère. Pour dédramatiser encore un peu, j’aime répéter qu’en explorant ces parties de soi, on découvre aussi des choses merveilleuses. On ne va pas seulement être face à ce qui nous fait le plus peur de nous-même. D’ailleurs, ce qui nous fait peur, ça peut aussi être des aspects très beaux en soi qu’on n’ose pas assumer ou reconnaître pour plein de raisons ! »
Si, chaque nuit, le rêveur accède à ses parts d’ombre, le travail en conscience du Shadow Work, accompagné ou en autonomie avec un livre-exercice comme celui de Géraldyne, s’avère être un véritable parcours initiatique. Celui-là même qu’on retrouve dans nos contes et légendes, dans lesquels le héros doit surmonter sa peur, affronter toutes sortes de dangers pour dénicher un trésor bien caché, le plus souvent au fond d’une grotte. Ce joyau qu’il remonte à la surface, c’est l’être véritable qui le constitue.
« Le travail de l’ombre permet de se réconcilier avec soi-même, de dédramatiser certains aspects, de parfaire notre amour de nous-même, de nous accueillir avec plus de bienveillance, de s’assumer et d’être en paix avec soi. Il y a beaucoup de parties de nous qu’on essaie de repousser, de refouler… Alors, on entre en conflit avec soi-même. C’est ce qui crée du mal-être, des tensions entre soi et soi, mais aussi des tensions entre soi et les autres. Lorsqu’on met de la conscience sur toutes les parts de nous, qu’on alchimise ce qui nous pèse -notre plomb- en or, alors on entre dans un nouveau niveau de conscience. Notre connexion avec le monde spirituel est décuplée, on découvre une nouvelle qualité d’être », explique la psychopraticienne, qui observe avec toujours autant d’émerveillement les transformations de ses patients une fois leur travail de l’ombre effectué.
Pour connaître l’intensité de votre ombre, faites le test proposé par Géraldyne dans son livre et qu’elle a bien voulu nous laisser reproduire ici :
« Autodiagnostic : Quelle est l’intensité de votre ombre ? »
Répondez par Oui ou par Non à chacune des 28 phrases ci-dessous. Si l’une d’entre elles est particulièrement vraie, alors notez 2 « oui », ainsi les comportements habituels compteront double.
- Je juge mes colères.
- Je critique parfois les autres.
- Je fais des reproches à mon partenaire.
- Il y a des aspects chez certaines personnes que je ne supporte pas.
- Je vis mon hypersensibilité comme une faiblesse.
- Il y a des personnes qui me sont immédiatement profondément antipathiques.
- Quand j’étais petit, mes parents acceptaient certaines parts d’ombre mais pas d’autres.
- Je ne m’autorise pas à dire non.
- Il y a beaucoup de choses que je garde pour moi, que je cache.
- Je rencontre des difficultés relationnelles.
- mes nuits sont agitées.
- Je fais des lapsus dans des situations spécifiques.
- J’ai des actes manqués comme rater un rendez-vous auquel je tiens tout particulièrement.
- Je suis régulièrement dans l’auto-sabotage.
- Il y a des événements du passé auxquels je pense encore.
- J’ai tout oublié de mon passé, mes souvenirs ne remontent pas avant mes 10 ans.
- Je sens que je suis maître de ma vie.
- Je me sens mal à l’aise avec certaines personnes mais je ne sais pas pourquoi.
- des souvenirs me font honte.
- Je ne trouve pas judicieux d’exprimer sa colère.
- une personne spirituelle ne doute pas et n’a pas peur.
- une personne spirituelle ne vit plus d’échecs.
- J’aime tout le monde.
- Je me juge souvent.
- J’aime faire les choses parfaitement.
- Je suis toujours gentil.
- Je m’offusque rapidement d’une critique.
- Je vis mon hypersensibilité comme une faiblesse.
Résultat :
Chaque oui vaut 1 point, un double oui à une affirmation compte double, bien entendu.
Chaque non vaut 0 point.
Plus vous validez les phrases proposées, plus votre ombre est agissante.
Si vous obtenez moins de 12 points, vous avez soit effectué une psychothérapie qui vous permet aujourd’hui d’être libéré, car vous avez mis de la lumière sur l’ombre et vous vous acceptez. Soit vous avez lu ce livre et vous revenez ici pour évaluer où vous en êtes, et dans ce cas vous pouvez vous féliciter. Soit vous vous mentez à vous-même. Nous ne pouvons que vous comprendre car il est si difficile de se voir sous des aspects peu glorieux. Nous avons tellement besoin de nous voir meilleurs que les autres. Ne soyez pas dur pour autant avec vous, au contraire, soyez doux et compréhensif car refuser de voir notre ombre témoigne d’une blessure de l’amour de soi.
Si vous obtenez entre 12 et 30 points, alors votre ombre est forte. Vous cachez un grand nombre d’aspects de votre personnalité, vous n’assumez pas vos défauts et il y a également des dimensions oubliées. Le travail de l’ombre est donc plus que nécessaire et va vous apporter beaucoup.
Si vous obtenez plus de 30 points, votre inconscient a pris le contrôle, il y a énormément de choses que vous faites, dites et ressentez qui proviennent de l’ombre. Il est vraiment temps pour vous d’aller explorer et nettoyer cette partie de votre psyché. Vous allez indéniablement en voir les effets positifs assez vite, comme un sentiment de légèreté, plus d’énergie, des relations pacifiées et un sentiment de réconciliation avec vous-même.
Cinq exercices pratiques de Shadow work :
- Notez les lapsus les plus embarrassants dont vous vous souvenez, puis les significations possibles.
- Relevez vos actes manqués, puis les significations possibles.
- Décrivez vos rêves les plus marquants, puis les significations possibles.
- Listez ce qui vous hérisse chez les autres, les jugements que vous portez le plus souvent, puis observez ce qu’il se passe lorsque vous vous adressez ces critiques à vous-même.
- Identifiez des personnes que vous idéalisez, notez les raisons de votre admiration et voyez si ces qualités ne sont pas refoulées chez vous. On les appelle l’ombre lumineuse.
Conclusion : Pour l’avoir formalisé et mis en lumière dans ses ouvrages, le père de la psychologie analytique Carl Gustav Jung serait ravi de voir aujourd’hui le Shadow work sous les feux des projecteurs. Le travail de l’ombre nous promet la lumière au bout du tunnel. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il tient ses promesses !
« Nous n’atteindrons jamais à notre totalité si nous n’endossons pas les obscurités qui sont en nous » Carl Gustav Jung
Ces contenus accompagnent un chemin personnel ; ils ne remplacent pas l’avis d’un médecin.







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