Karine Arsène : et si vos pensées étaient votre plus grand pouvoir ?


Et si vos pensées étaient votre plus grand pouvoir ?
La journaliste cartographie dix états intérieurs afin de transformer chaque épreuve en nouvelle ressource.

Interview réalisée par Julie Destouches
Après plusieurs mois d’écriture, Karine Arsène reçoit enfin le bon à tirer de son livre. Pour un auteur, c’est un moment très particulier : le manuscrit est terminé, prêt à partir chez l’imprimeur. C’est l’aboutissement d’un long chemin, un mélange de soulagement, de gratitude et de joie.
Ce même jour, elle lève les yeux vers sa fenêtre et découvre dans le ciel, entre pluie et éclaircie, non pas un, mais trois arcs-en-ciel. Comme un signe d’encouragement, une synchronicité parfaite qui vient accompagner cet instant si important.
Émerveillée, elle interpelle une voisine sur le balcon d’en face :
Madame, regardez comme c’est beau !
Et la voisine lui répond simplement :
Oh, j’en ai rien à faire.
En quelques secondes, deux mondes intérieurs se révèlent. Le ciel est le même, les arcs-en-ciel sont les mêmes, mais l’une y voit un émerveillement, une célébration de la vie ; l’autre n’y prête aucune attention. Cette anecdote rappelle que notre bonheur dépend souvent moins de ce qui nous arrive que du regard que nous choisissons de porter sur les choses.
Karine Arsène, journaliste, animatrice et créatrice du Mag qui fait du bien sur C8, a passé plus de vingt ans à la télévision. Après un premier bestseller, Se forger un cœur de diamant, préfacé par Frédéric Lenoir et Lara Fabian, elle publie Vous êtes ce que vous croyez, un livre accessible et inspirant pour cultiver un bonheur intérieur plus conscient et durable.
Il y a trente ans, après une nuit noire de l’âme, Karine Arsène prend une décision qui va changer le cours de sa vie :
Soit je meurs et je disparais, soit je vis vraiment et je deviens la femme la plus heureuse qui soit.
Elle choisit la vie.
Trente ans plus tard, ce choix continue de guider chacun de ses pas. Quand les épreuves surviennent, elle ne les voit plus comme des murs à éviter, mais comme des expériences qui lui permettent de révéler son potentiel.

Ce n’est pas votre vie qui change, c’est l’endroit depuis lequel vous la regardez
Dans Vous êtes ce que vous croyez, Karine Arsène s’inspire d’un enseignement du grand sage bouddhiste Tiantai, qui au 6e siècle a décrit dix états de vie intérieurs. Karine les revisite avec des mots d’aujourd’hui pour les rendre accessibles à chacun.
Du désespoir, où tout semble fermé, à la plénitude, où la vie retrouve son sens, en passant par le manque, la colère, l’apprentissage, le calme ou encore la bienveillance, ces états influencent notre manière de penser, de ressentir et d’agir.
Nous les connaissons tous. Ils ne sont pas réservés à certaines personnes. Ils vivent en chacun de nous et peuvent se succéder plusieurs fois dans une même journée.
La véritable question n’est donc pas : « Que m’arrive-t-il ? » mais plutôt : « Depuis quel état de vie suis-je en train de regarder ce qui m’arrive ? »
Karine Arsène aime parler de deux sortes de cœurs.
Le premier est un cœur qui se dessèche avec le temps. À force de déceptions, d’injustices, de blessures ou de trahisons, il se replie sur lui-même. Il devient méfiant, dur parfois. Comme un fruit oublié au soleil qui finit par se ratatiner.
Et puis il y a l’autre cœur.
Celui qui traverse les mêmes épreuves, mais qui choisit de ne pas se refermer. Celui qui transforme chaque difficulté en occasion de grandir. Non pas parce qu’il aime souffrir, mais parce qu’il refuse de laisser les circonstances décider de la taille de son cœur.
Chaque fois que la vie me met à l’épreuve, je me pose la même question : est-ce que mon cœur va se rétrécir ou est-ce qu’il va s’élargir ?
C’est cette capacité d’expansion qu’elle compare à la fleur du lotus. Une fleur qui ne s’épanouit que dans les marécages, à l’instar d’un être humain qui s’épanouit dans les difficultés.

En changeant nos croyances, notre regard change
Chaque état intérieur est nourri par une croyance, souvent héritée, souvent invisible. C’est là que les choses deviennent concrètes.

La colère qu’on oriente
Karine distingue deux visages de la colère :
- Quand elle est destructrice, elle divise et crée la guerre.
- Alchimisée, elle devient une force de justice qui permet de ne pas être lâche au moment crucial.

La croyance héritée qui coûte cher
Sa grand-mère maternelle était une princesse à Hanoï. Comme son arrière-grand-père possédait des joyaux, la famille vivait dans l’opulence. Quand les communistes prirent le pouvoir, tout disparut. Sa grand-mère vint en France avec ses six enfants, le plus jeune ayant six ans. Elle ne demanda rien à l’État et broda, cousit, travailla pour subvenir aux besoins de sa famille.
Karine grandit avec cette histoire et la croyance qu’avoir de l’argent peut être synonyme de perte. De cette peur inconsciente, elle vécut des années d’agios bancaires, de dettes.
Son amie Élisabeth, bouddhiste de longue date, lui tendit alors le miroir.
Tu ne pourras rien créer si tu as un boulet accroché à ta cheville. Imagine des ailes : comment tu veux t’envoler si tu as une dette derrière toi ?
Cette phrase agit comme un déclic. Karine Arsène transforme sa peur et l’abondance se matérialise.
Aujourd’hui, elle définit l’abondance sous toutes ses formes :
C’est aussi être en bonne santé, avoir de bons amis, rester reconnaissant malgré les difficultés…
Changer de regard, ça s’apprend, et ça se pratique
Karine se décrit comme une « expérienceuse ». Elle pria pendant 40 jours, jusqu’à sept heures par jour. C’est à ce moment qu’elle ressentit une unité avec le vivant, comme si chaque être, chaque plante, chaque animal faisait partie du même tout. Elle arrêta alors de manger de la viande, en entendant presque le bruissement de la nature autour d’elle.
Je suis juste en train de dire que vos pensées créent votre réalité tout entière. Mais vous êtes beaucoup plus vaste que ça.
S’excuser sans culpabiliser
Quand on regrette une action passée, les réactions habituelles sont de se justifier ou de ruminer pendant des jours. Et notre regard reste rivé sur le passé. Karine pratique ce que les bouddhistes nomment le « zangi », une reconnaissance en trois temps :
- J’ai fait du mal, j’ai commis une erreur. Je le reconnais.
- J’en tire une leçon.
- Je redécide et j’avance.
On reconnaît le passé, on le lâche et on repart en avant.
Commencer par soi, et non par le monde entier
Karine emprunte sa boussole à Mère Teresa :
Vous ne me ferez jamais défiler contre la guerre. En revanche, si vous voulez que je défile pour la paix, je suis avec vous.
Karine n’attend pas que le voisin change, que le gouvernement bouge ou que le monde aille mieux. Elle est convaincue que chaque personne qui choisit d’élargir son cœur plutôt que de le refermer contribue à faire évoluer le monde.
La paix commence par moi.
La pression, c’est ce qui fait le diamant. La question n’est pas ce qui vous arrive. C’est ce que vous décidez d’en faire.
Author
Karine Arsène est journaliste, animatrice TV/Radio et auteure. Créatrice et présentatrice du Mag qui fait du bien sur C8, elle est l’auteure de Se forger un cœur de diamant (Trédaniel, 2023) et de Vous êtes ce que vous croyez (Fayard, 2025).
Redactor
Journaliste depuis 20 ans, Julie Destouches partage une vision dépoussiérée de la spiritualité sur Instagram, YouTube et en podcast avec NostraDomus. Retrouvez ses actualités sur son site.
Ces contenus accompagnent un chemin personnel ; ils ne remplacent pas l’avis d’un médecin.














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avec Karine Arsène, et sur le même sujet







