Du Féminin sacré à l’humain unifié

Alors que le 8 mars, journée internationale des droits des femmes, met en lumière les inégalités encore criantes aujourd’hui, nous vous proposons d’explorer le vrai visage du Féminin. Dans un monde de dualité, il fait face au Masculin, largement hypertrophié dans notre société. Et si le salut passait par l’union de ces deux facettes d’une même médaille ? On fait le point avec Patricia Penot, autrice, formatrice et conférencière dont le but est de « contribuer à la création d’un monde en harmonie individuellement et collectivement ».

Habitée depuis toujours par l’appel de « prendre soin », Patricia Penot a commencé sa carrière en tant qu’infirmière anesthésiste et cadre soignante en réanimation. Aujourd’hui « médium de l’âme », autrice, formatrice et conférencière reconnue, c’est surtout la première enseignante en France habilitée à transmettre les Rites du Munay-Ki. Ces Rites, auparavant légués lors de passages initiatiques par les sages Incas, rassemblent des savoirs anciens des Gardiens et Gardiennes du Monde. Ils nous éclairent sur le pouvoir du Féminin, qu’il est grand temps d’activer. Interview.

Tu sais soigner par imposition des mains, en reliance avec l’invisible… Te sens-tu sorcière ?

Le côté « sorcière » ne résonne plus vraiment pour moi aujourd’hui. Nous sommes invités à passer un cap. On doit passer de la « sorcière » aux pouvoirs qui font peur à la « magicienne » aux pouvoirs rassurants et sécurisants. D’ailleurs, à l’époque des sorcières, certains hommes, eux, étaient connus comme « mages ». On voit tout de suite la tonalité de ces mots, l’un étant bien plus lumineux que l’autre.

Aujourd’hui, nous sommes dans une transition de pensée et d’attitude. Je veux y prendre part pour dire qu’on peut guérir des anciennes caractéristiques de la sorcière : ces capacités en relation avec un pouvoir personnel qui tourne autour de l’intuition plutôt que de l’instinct, de la capacité de vision, de la créativité… Pour moi, tout cela représente le Féminin qu’on doit intégrer pour faire ce fameux passage vers une nouvelle réalité : celle d’une femme qui est capable de créer de la beauté en intégrant ces capacités-là comme étant naturelles. Et pas extra naturelles ! Il nous faut passer d’une sorte d’ésotérisme secret à un langage commun et sacré, dont on est tous issu mais qu’on a occulté.

Aujourd’hui, nous sommes invités à reconnaître les capacités et les compétences que l’on porte tous dans notre féminin sacré. Et par « sacré » j’entends « précieux ». Nous sommes dans un monde où le pouvoir du conquistador est encore très présent, qu’on soit homme ou femme. On a à guérir cette posture de pouvoir, qui se fait voir et qui s’appuie sur la domination de l’autre, pour de la puissance, qui donne du sens et qui est sans objet. On peut se demander comment, dans cette incarnation, je reproduis ces capacités en interaction juste avec les autres.

Comment expliques-tu que nous ayons occulté cette dimension de nous-même ?

C’est à cause de certaines de nos mémoires anciennes et limitantes que nous avons parfois du mal à nous révéler à nous-même. Coupés de notre spiritualité, nous ne savons plus révéler le sacré en soi, notre part de divinité, c’est encore quelque chose d’exotique. Mais lorsque nous réactivons notre spiritualité, la confiance en soi surgit naturellement. Elle permet de reconnaître ses capacités, ses compétences et sa valeur en rapport avec l’estime de soi. S’accueillir avec bienveillance, c’est ça l’amour de soi.

Comment définis-tu le Féminin Sacré ?

C’est la magicienne de la vie, qui alchimise et fusionne la divinité et l’humanité en soi. Le sacré, c’est quelque chose de précieux. Si on avait tous cette reconnaissance du sacré en nous, il n’y aurait plus de guerre ! Le sacré, c’est le trésor que nous sommes. Mais il est parfois enfoui au fond de nos caves ou océan intérieurs… Notre but, c’est d’aller le chercher pour le laisser rayonner.

Le Féminin, c’est l’entité qui est source de la création. Mais pour créer, on ne peut pas utiliser que du Féminin. On a besoin d’une énergie qui l’ensemence. Le but, c’est de relier le féminin et le masculin en soi pour activer notre pouvoir de création. J’aime cette idée que l’on retrouve dans les populations andines lorsqu’elles parlent de la création elle-même : nous sommes des acteurs et des actrices de la création, nous avons notre part à prendre. Je n’arrive pas à imaginer la séparation du Féminin Sacré et du Masculin Sacré. Il nous faut unir les dualités en conscience.

Ce parcours est très bien rendu symboliquement dans le film « Dark cristal » qui date de 1982 (ça ne nous rajeunit pas ^^). On y rencontre une population arrondie, plutôt douce et féminine, attentive et une autre avec des corbeaux noirs pas très sympas. Pendant tout le film, ces corbeaux essaient de réduire les « arrondis » en poussière, alors que les « arrondis » tentent de se réconcilier avec les corbeaux. On comprend à la fin que l’assemblage de ces deux facettes produit un être beaucoup plus grand que la somme des deux. Notre Féminin a besoin de se révéler et notre Masculin, avec ses histoires, a besoin d’être accueilli par notre Féminin. Pour faire naître de cette reliance quelque chose de plus grand que soi, dans lequel les deux polarités sont intégrées, au-delà de nos caractéristiques physiques.

Le Féminin Sacré est-il réservé aux femmes ?

Non, bien évidemment ! Femme ou Homme, nous avons tous, quel que soit notre anatomie, des caractéristiques féminines et masculines. Quand nous sommes désincarnés, dans notre lumière originelle, il n’y a ni masculin ni féminin.

Mon hypothèse, c’est que les personnes qui aujourd’hui ne se reconnaissent pas dans leurs caractéristiques physiques seraient peut-être davantage connectées à la source originelle, dans laquelle il n’y a pas de polarité de genre. Elles pourraient aussi être connectées à une vie antérieure où l’autre genre prédominait. Moi, par exemple, j’ai eu beaucoup d’incarnations masculines. Dans cette vie, j’ai toujours été à l’aise avec les caractéristiques masculines : l’organisation, l’action… Et j’ai dû faire un vrai chemin pour accueillir mon Féminin. Je continue ce parcours encore aujourd’hui. Accueillir, être dans le soutien, ça a été mon chemin d’apprentissage. J’ai choisi de faire ce parcours avec cette idée de reliance entre ces deux polarités, pour enrichir mon Masculin du Féminin et retrouver la forme unique que je suis.

Et pourquoi la figure de la sorcière sort-elle du bois pour se montrer aujourd’hui dans la société ?

Pour moi, aujourd’hui, nous avons à guérir des mémoires culturelles. C’est vrai qu’en France, il y a eu beaucoup d’exactions (mauvais traitements) à l’endroit des femmes. Chaque culture a des vieilles histoires à transformer, pour se délester de ces mémoires limitantes. C’est un cheminement de guérison. Comme une montgolfière qui doit se délester pour s’élever, pour que la planète Terre puisse monter en vibrations, elle doit être guérie de ses scories du passé.

Lorsque des mémoires traumatiques émergent, on se rend compte qu’on a besoin de personnes qui se revendiquent avec des caractéristiques de sorcières, c’est-à-dire porteuses de sagesses médicinales et de connaissances ésotériques. C’est très courageux. Pendant longtemps, les personnes en lien avec l’invisible se sont mises de côté par peur d’être persécutées. Aujourd’hui, on voit que ce temps de soumission est terminé. C’est la fin de la pensée unique. On tolère enfin qu’il y ait plusieurs manières de vivre sa vie. Je pense que ce qui émerge aujourd’hui, contact avec l’invisible, communications avec l’au-delà, sorcières, nous dit qu’il y a des portes de transformations qui s’ouvrent pour guérir des mémoires.

Pourquoi le Féminin continue à être blessé ou envahi ? Comment le Masculin peut soutenir le Féminin ?

Un passage incontournable, c’est d’aller dans la compréhension de soi pour connaître ses mécanismes, en lien avec la personnalité et imaginer que nous ne sommes pas que de la matière en action. Nous devons intégrer notre divinité, notre conscience la plus élevée… Relier l’esprit, le sacré, au corps, à la personnalité. Or, aujourd’hui, j’ai l’impression que l’on reste en surface des choses, de peur d’aller dans la profondeur. Tout d’abord parce que ce n’est pas agréable d’aller connecter nos parties souffrantes. Puis notre mental nous dit que c’est impossible… Tout cela tourne autour de la notion de pouvoir et de puissance.

Le pouvoir a mauvaise réputation. Il résonne avec « prise de pouvoir ». Il a un côté égotique et une dimension masculine, il est dans l’action, la possibilité. Alors que la puissance est plus féminine, c’est celle d’être, d’exprimer, d’oser. Il nous faut faire cette balance entre le pouvoir d’action et la puissance d’être.

Pour l’instant, nous avons plutôt connu des sociétés aux caractéristiques masculines prédominantes, symbolisées par les hommes au pouvoir. C’est toute une éducation à refaire pour réintroduire du féminin dans ses manières de réfléchir et d’agir, ce qui nécessite de passer par un chemin d’introspection. Et c’est là le plus complexe ! On cherche à s’élever. Ce qui est difficile à comprendre, c’est que l’élévation passe en fait par le corps profond. C’est difficile d’aller dans le corps profond, car il contient beaucoup de ces mémoires de blessures. Il se manifeste par des tensions physiques et des émotions pas très agréables.

D’ailleurs, les gens pensent que les émotions sont dans la tête. Elles peuvent être produites par des pensées, c’est vrai. Pour autant, les effets de ses pensées se manifestent dans le corps sous forme de sensations et d’émotions.

Le Masculin intérieur, c’est la partie de nous qui accepte d’être dans un pouvoir d’action : renforcement, développement de la confiance en soi, de l’affirmation de soi, capacité de croire en ses compétences, estime, reconnaissance de sa valeur personnelle… Nombreux sont ceux qui se considèrent moins bien que l’autre. C’est là que notre Masculin peut nous aider. Il appelle à la protection de soi. Nous sommes invités à nous réconcilier avec notre masculin aussi, tout comme avec le parent et le partenaire. Comment peut-on réconcilier en soi le père et le partenaire, quel que soit ceux qu’on a eu dans la vie ? Le père protège, le partenaire nous guide. Ce chemin d’intériorisation permet d’aller explorer ces espaces pour leur redonner de la bienveillance et de l’amour. C’est là que l’accompagnement que je propose intervient. Car il n’est pas toujours simple d’explorer ces espaces seul(e)…

Quelles différences notables relèves-tu entre le Féminin et le Masculin ?

On sait que nous n’avons pas les mêmes mécanismes de pensée en tant qu’homme ou en tant que femme. Souvent, l’homme a un mental synthétique, qui va direct au but. Une femme est plus dans la description, le ressenti. La base pour se comprendre, c’est la communication. Aujourd’hui, la question des différences n’est plus vraiment à regarder dans le partage des tâches mais dans les manières d’être, l’envie de se découvrir, de s’appuyer sur des valeurs fondamentales et essentielles : comment on se respecte dans nos libertés individuelles, tout en étant capable de créer des choses ensemble. Comment, dans le duo, le trio, quatuor… on se sent libre d’être soi, tout en respectant l’autre. Le respect mutuel, ce n’est pas si simple. La prise de pouvoir passe par un excès de prise de responsabilité sur l’autre. Jusqu’où va ma responsabilité ? Jusqu’où va la tienne ? Si j’en prends trop, je prends du pouvoir. L’authenticité et la sincérité sont des valeurs utiles aujourd’hui pour pouvoir créer une relation saine. Arrêter de se cacher, oser dire ce que l’on ressent et ce que l’on pense, même si ce n’est pas le point de vue de l’autre, et toujours avec respect. Nous sommes invités à accueillir l’autre dans sa manière unique d’être au monde.

Comment expliquer que la société soit si mal équilibrée dans ses polarités Yin Yang / masculin féminin ? Et quels conseils des anciens Incas pourraient transmettre pour se guérir ?

Quand l’empire Inca a été créé, le changement de conscience qui s’opère alors est de passer d’une société déstructurée, limite sauvage, à une société avec des lois, des règles et des principes de fonctionnement. Pour autant, à l’intérieur de ces sociétés, il y a les Laïkas, ces personnages gardiens de la sagesse, qui ont des facultés extrasensorielles et qui ont un contact au monde différent du commun des mortels.

On relève alors une vraie différence entre le quotidien de l’humanité et le quotidien extraordinaire de ces gens qui ont une vision du futur, qui communiquent avec les plantes… et qui touchent à un autre plan de conscience. Ces Laïkas nous révèlent que nous sommes tous des êtres multidimensionnels avec plusieurs facettes. Ils nous apprennent que nous n’explorons que quelques-unes de ces facettes. Soit la matière, soit le divin…

Dans la vision des Laïkas d’aujourd’hui, il y a une vision différente de notre vision occidentale où l’on place le divin à l’extérieur de soi. Eux ne parlent pas d’un créateur mais de la création. Et dans la création, nous sommes tous des parties de cette création et des explorateurs de notre propre création. Nous sommes porteurs d’une parcelle de la vision du collectif, pour le faire évoluer vers le plus d’harmonie avec soi, avec la planète, avec les autres…

Dans nos cultures, nous sommes confrontés à la dualité (le haut vs le bas, le bien vs le mal, le féminin vs le masculin…) et ce besoin d’être « plus » ou « mieux » que l’autre. C’est ce que j’appelle le « conquistador » en nous. La dualité crée l’opposition. Aujourd’hui, il s’agit de relier les oppositions pour créer l’unité. L’idée, c’est de faire évoluer le fonctionnement humain pour atteindre ce que certains appellent l’ « homo luminous ».

J’aime nommer ce nouvel humain « Gaius Novus ». Gaïa, que les andins nomment la Pachamama, c’est la Terre. Nous sommes nés d’elle, faits de cette matière, d’où « Gaius ». Mais nous sommes aussi reliés à plus grand, avec une conscience en cours de développement vers un être nouveau, d’où « Novus ». Ce nouvel être est plus en conscience de lui-même, il s’éveille à sa vraie nature pour remettre plus d’harmonie avec les écosystèmes, cultiver une conscience élargie et créer une harmonie stable en reliant toutes les dualités, le masculin et le féminin, le jour et la nuit… dans une forme d’expression humaine plus « sphérique ».

Dans les archétypes, le cercle représente le féminin, la ligne droite, le masculin. Dans la cosmogénèse, le cercle est créé à partir des points opposés de plusieurs lignes droites. Il s’agit de comprendre ici que le principe du féminin est arrivé après le principe du masculin, pour engendrer ensuite une nouvelle forme, la fleur de vie. Puis le développement s’est poursuivi avec d’autres formes plus elliptiques. L’harmonie d’un système n’est pas forcément dans une harmonie des formes.

Aujourd’hui, nous allons devoir intégrer et fusionner ces deux énergies, masculines et féminines pour qu’émerge la nouvelle humanité. C’est ce qui nous est demandé de faire naître, comme pour un enfant, qui n’est ni le père, ni la mère, mais une forme qui lui appartient en propre et qui dépasse la somme des deux. C’est l’invitation de ce moment pour l’humanité : recueillir, connaître, prendre soin et réparer nos Masculins et Féminins, parents et partenaires, pour accepter d’intégrer ces identités afin de créer une nouvelle forme, qui sera ce que nous sommes en tant que « Nouvel humain ».

En quoi le Féminin Sacré est-il nécessaire aujourd’hui ?

L’expérience nous l’a prouvé, on ne pouvait plus continuer à fonctionner dans une société déséquilibrée avec trop de Masculin. Le CoVid et le confinement ont confronté les hommes à des blessures, des limitations, ils nous ont permis de réfléchir à ce qu’on veut vraiment mettre en œuvre.

Aujourd’hui, beaucoup de choses cachées pendant des années remontent à la surface, comme les violences conjugales que les femmes osent enfin dénoncer, les incestes d’enfants… De nombreux scandales se dévoilent, c’est une vraie purge. Et plus on s’éveille, plus on devient inclusif et plus ça nous touche. Nous pouvons aussi faire le constat que les plus jeunes sont très touchés par l’avenir de la planète, par le soin à apporter aux animaux… A contrario, des forces opposées s’exercent comme au Moyen Orient où on essaie de museler encore davantage le Féminin. Heureusement Internet nous montre ce qu’il s’y passe. Cela nous permet d’aller de plus en plus vers cette reliance de la conscience. Nous sommes une unité, en union avec un ensemble, comme un orchestre composé de plein d’instruments différents.

Ce mouvement qui est en cours, les Laïka l’appellent un « Pachakuti », un nécessaire changement dans nos états d’esprit. Cela signifie qu’on ne peut plus aller en arrière. Nous devons déblayer les pensées limitantes, guérir les blessures et accepter d’accueillir la beauté, la valeur et l’amour que nous sommes pour le rayonner dans notre monde.

Nous sommes des êtres à plusieurs facettes, dont celles de la sorcière, de la mère, de la jeune fille, du conquistador, de la magicienne… Il est temps de réconcilier toutes ces facettes de nous pour retrouver l’unité intérieure. Comme une harpe composée d’une multitude de cordes, nous sommes invités à les relier pour jouer une mélodie harmonieuse. La sorcière communique avec la Terre, les plantes, les mondes visibles et invisibles. On peut la reconnaître en nous comme étant une partie de notre grand tout, qu’on doit accueillir en entier.

Énergéticienne, auteure et formatrice, Patricia Penot œuvre depuis plus de 40 ans pour faciliter l’évolution personnelle vers une vie épanouie et promouvoir la liberté d’être, l’amour de soi et la puissance authentique. Ses méthodes : la sophrologie, le coaching, l’EFT, la perception, les soins énergétiques et le Munay-Ki. Sa chaîne Youtube : Les Voies de l’Harmonie.

Du 9 au 11 mai 2025, Patricia Penot ouvre, lors d’un week-end immersif, un espace entre femmes pour se ressourcer et redynamiser notre énergie, nous aimer davantage et accepter la beauté d’être soi. Réservation sur patriciapenot.podia.com

Découvrez 2 rituels extraits de son dernier livre, « Les Rites du Munay-Ki », aux éditions Animae : ouvrir un espace sacré et créer une bulle d’infinité grâce à la Wiracocha.

COMMENT OUVRIR VOTRE ESPACE SACRÉ

  • Installez-vous confortablement et placez vos mains sur votre cœur en vous concentrant quelques instants sur votre respiration. À chaque expiration, laissez partir tout ce qui ne vous est pas utile maintenant, tout ce dont vous n’avez pas besoin pour vivre une vie saine. À chaque inspiration, inspirez la vie, inspirez tout ce qui peut vous être utile maintenant, tout ce qui peut vous aider à être dans l’harmonie.
  • Dirigez à présent votre attention vers le sud et concentrez-vous quelques instants sur le grand serpent de la vie. Invoquez-le pour qu’il vous apporte de la légèreté sur votre chemin sur Terre, pour qu’il vous aide à trouver la beauté de chaque jour, pour qu’il vous permette de laisser partir vos anciens schémas avec aisance et facilité. Respirez profondément.
  • Dirigez-vous vers l’ouest et invoquez le grand jaguar, mère jaguar. Invitez-la à vous soutenir dans votre cheminement, à vous aider à garder votre courage pour aller au-delà de vos doutes et de vos insécurités, à éclairer vos mondes intérieurs et à vous enseigner la voie de la paix. Respirez profondément.
  • Maintenant, dirigez votre attention vers le nord et invoquez le colibri, particulièrement la mère de tous les colibris. Invoquez-la et choisissez de voler avec elle. Invitez-la à éveiller votre curiosité, à reconnaître que vous avez de grands talents pour rendre vos journées heureuses. Demandez-lui de vous guider vers le meilleur pour que vous puissiez vivre ce qui vous fait plaisir, notamment vos rêves, avec aisance et passion. Respirez profondément.
  • C’est le moment de vous tourner vers l’est et d’inviter l’aigle et le condor, ces deux grands oiseaux qui volent bien au-delà de la cime des montagnes. Invoquez-les pour qu’ils vous aident à étendre vos propres ailes, à ouvrir votre cœur, de manière à vous mettre davantage en relation avec le Grand Esprit et ainsi appréhender les situations d’une autre manière, pas seulement comme des obstacles mais aussi comme des opportunités pour grandir, comprendre et aimer davantage.
  • Dirigez votre regard vers la Terre, la Pachamama, et tous les éléments qui la constituent : la terre elle-même, l’eau, le feu, l’air, mais également les minéraux, les herbes, toute la nature, pour qu’elle vous nourrisse tous les jours, aussi bien sur le plan physique qu’au niveau de l’âme. Vous pouvez aussi honorer toutes les formes de vie sur la planète dès à présent. Respirez profondément.
  • Enfin, levez votre visage vers le ciel et reliez-vous au Soleil, à la Lune, aux étoiles. Élargissez votre esprit pour vous relier à l’ensemble du cosmos, aux galaxies, à l’Univers. Invoquez ces éléments naturels pour qu’ils vous guident vers les buts sacrés qui vous animent, pour vous rappeler d’ouvrir votre cœur, pour laisser couler plus de beauté et d’abondance dans votre vie comme le ferait une rivière, pour vivre le véritable sens du Munay, de l’amour en vous, en honorant au-delà du temps toutes les générations passées et toutes les générations à venir. Respirez profondément. AHO13.

PRATIQUE DE SAGESSE AMÉRINDIENNE

Créez une bulle d’infinité grâce à la Wiracocha

ELLE NOUS RELIE À NOTRE ÂME

֎ La Wiracocha, que l’on peut traduire par « source du sacré », est reliée au huitième chakra, à 60 cm environ au-dessus de la tête. Elle nous met en relation avec l’Esprit, avec notre nature infinie, notre âme et notre individualité, ce que nous étions avant de nous incarner et ce que nous serons après cette vie. C’est un halo lumineux qui entoure notre tête, comme celui décrit autour de la tête du Bouddha ou du Christ.

Les sages andins ont appris à utiliser cette bulle de lumière pour éclairer leur conscience et s’éveiller à leur propre lumière intérieure. Ils nous invitent à nous relier et à créer une bulle d’infinité pour reconnaître notre nature divine et en faire rayonner la brillance dans notre corps physique. La Wiracocha est en relation avec notre potentiel d’âme et tous les chakras de notre corps.

Lorsque nous ouvrons notre Wiracocha, au sens où nous l’élargissons pour créer une bulle autour de notre corps physique, nous créons un espace de protection hors du temps dans lequel nous pouvons nous ressourcer, irrigués par l’énergie infinie de la source de toute conscience, nous recréer, réparer nos blessures émotionnelles et tout ce qui a besoin de l’être. Elle nous aide à passer du corps physique au corps lumineux. Ainsi, ouvrir sa Wiracocha, c’est se mettre en relation avec le champ quantique infini, dont nous faisons partie, pour cocréer des opportunités nouvelles de bien-être en relation avec le Tout. Nous recevons les informations directement de la conscience unique, cette sagesse qui apaise, et la compréhension vient ensuite.

Après avoir refermé notre Wiracocha, nous pouvons informer le corps par une douche de cette lumière, en émettant des intentions d’harmonie, de plénitude ou de tout autre sentiment utile pour soi à un instant T, pour faciliter le fonctionnement de nos cellules et de notre ADN, ou encore pour réaligner nos chakras.

Utilisons cette pratique pour nous recentrer, pour méditer, ou lorsque nous avons besoin de retrouver la paix intérieure dans un espace où le temps n’existe pas. Lorsque nous souhaitons quitter ce moment avec nous-même, nous devons refermer la Wiracocha, sinon cette bulle d’infinité se replie sur elle-même et nous revenons un peu trop rapidement à la dynamique du temps linéaire, ce qui, pour les plus sensibles d’entre nous, n’est pas vraiment confortable.

LE DÉROULEMENT

  • Installez-vous confortablement.
  • En position assise, pieds bien à plat sur le sol, mains jointes à la hauteur du chakra du cœur, prenez conscience de votre posture et de votre respiration abdominale basse. Concentrez-vous sur votre respiration, l’inspiration, l’expiration, pendant quelques secondes.
  • À la prochaine inspiration, en conservant les mains jointes, levez les bras pour les placer 60 cm environ au-dessus de la tête, à la hauteur du huitième chakra.
  • Écartez les mains, paumes toujours tournées l’une vers l’autre, à une distance de 20 à 30 cm. Puis inversez leur position pour qu’elles soient tournées vers l’extérieur. Redescendez doucement les mains vers le bas, les bras tendus sur les côtés, comme si vous vouliez diffuser, à partir de ce huitième chakra, cette énergie tout autour de vous, jusqu’au dessous des pieds, créant ainsi votre bulle d’infinité. Plus que le mouvement, c’est l’intention qui compte.
  • Placez vos mains sur votre thorax, au niveau du chakra du cœur, et prenez le temps de sentir et de percevoir l’ambiance, les impressions, les sensations, pendant quelques instants.
  • Lorsque vous voulez revenir dans le temps ordinaire, placez les paumes, dirigées vers le bas, de chaque côté du corps, pour les relier à la Terre en imagination. Retournez-les vers le haut et remontez doucement les bras, en imaginant que vous refermez cette bulle d’infinité, jusqu’à ce que vos mains se retrouvent à la hauteur du huitième chakra.
  • Tournez les paumes vers le chakra de la couronne (le dessus de la tête). Imaginez, sentez ou percevez comme une douche de lumière qui se diffuse par l’intermédiaire de vos mains, en laissant cette lumière se diffuser vers les chakras, à 10-15 cm du corps.
  • Au fur et à mesure que les bras se baissent, les paumes toujours tournées vers le corps en laissant faire un mouvement de cercle ou de huit, si vous en ressentez le besoin, permettez à cette lumière de rayonner au niveau du visage, puis de la gorge, du thorax et de l’abdomen, et enfin au niveau du bassin, des jambes, jusqu’aux pieds. Imaginez que cette lumière informe et réaligne vos chakras.
  • Quand vous avez terminé, respirez profondément.

Ces contenus accompagnent un chemin personnel ; ils ne remplacent pas l’avis d’un médecin.

Dans le numéro 3

Mars 2025

Le numéro
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