Élodie Crépel : femmes atypiques, transformer vos différences en force au travail
Femmes atypiques : transformer vos différences en force au travail
Vous êtes souvent touchée aux larmes par une situation qui semble « banale » aux yeux des autres ?Vous avez parfois l’impression d’être « trop » : trop sensible, trop émotive, trop intense… ou au contraire « pas assez » adaptée aux codes du travail ?Peut-être vous reconnaissez-vous aussi dans cette tendance à donner sans compter, jusqu’à vous épuiser, ou à vous sentir incomprise dans vos idées et vos intuitions.
Si ces questions résonnent, vous êtes sans doute une femme atypique – hypersensible, haut potentiel, TDAH, autiste… – et vous n’êtes pas seule. Loin d’être une faiblesse, votre singularité peut devenir une force immense.
C’est le message d’Élodie Crépel, psychanalyste et médiatrice familiale spécialisée dans la douance et l’hypersensibilité. Elle-même atypique et maman de quatre enfants atypiques, elle a fait de son expérience personnelle et professionnelle une mission : aider chaque femme à reconnaître la richesse de son fonctionnement singulier.
Autrice des best-sellers Femme atypique et Femme aux multipotentiels (Éditions Jouvence), elle publie aujourd’hui Femme atypique : Hypersensibilité, haut potentiel, TDAH… faites de votre différence une force au travail. Retrouvez son univers sur son site, sur Linkedin sur Facebook et sur instagram.
1. Pourquoi le monde du travail a-t-il tant besoin des femmes atypiques aujourd’hui ?
On peut d’abord se demander pourquoi le monde du travail n’aurait pas besoin de s’adapter, puisqu’il est censé être ouvert à toutes et à tous. Pourtant, aujourd’hui, les personnes ayant des particularités doivent souvent se suradapter ou sont rejetées pour ce qu’elles sont.
Les femmes atypiques, par exemple, sont souvent créatives. Cela ne veut pas dire qu’elles dessinent ou peignent, mais qu’elles apportent des idées originales, qu’elles résolvent les conflits et qu’elles trouvent des solutions innovantes, autant sur le plan humain que technique.
Elles sont aussi résilientes, exigeantes et perfectionnistes, capables de donner 200 %. Ces qualités correspondent aux attentes d’un monde en constante évolution, où la performance est mise en avant. Mais est-ce réellement positif ? Pas toujours. Car ces femmes amènent aussi de la sensibilité, une vision humaine et une remise en question utile, même dans les cadres les plus stricts.
De par leurs particularités, elles ont beaucoup à offrir à un monde du travail souvent malmené, qui au contraire les met en difficulté. Burn-out (épuisement), bore-out (ennui) ou brown-out (perte de sens) sont fréquents pour elles. Il est donc temps d’inverser la logique : que le travail s’adapte enfin aux individus, et non l’inverse.
2. Quelles sont les principales difficultés que rencontrent les femmes atypiques dans leur carrière, et comment les transformer en forces ?
Les principales difficultés de ces femmes sont souvent de trouver leur place. Elles sont en quête de cette place alors que, dans cette idéologie, il y a deux erreurs. La première, c’est qu’elle n’existe pas toujours, ou qu’il y en a plusieurs, car beaucoup de femmes atypiques sont également multipotentielles. La deuxième erreur, c’est d’attendre de la trouver alors qu’il faut la prendre : personne ne donnera la place idéale permettant de développer leur potentiel. C’est donc à elles d’être proactives, voire de créer cette place à partir de rien.
Les difficultés sont nombreuses : insatisfaction permanente, ennui, perte de sens, sentiment de ne pas être à la hauteur, épuisement à la longue. Elles rencontrent souvent des difficultés sociales : jalousie, incompréhension des règles, frustration et manque de confiance, autant dans le travail et la hiérarchie que dans elles-mêmes.
Pour transformer cela en force, il faut bien se connaître. Beaucoup n’osent pas explorer leurs particularités. Une fois identifiées, elles peuvent mieux mettre des mots sur leurs besoins, mieux communiquer et y répondre. Être trop curieux n’est jamais un défaut, c’est un atout. S’ennuyer non plus : cela peut être l’occasion d’expérimenter, de créer et d’innover dans le monde professionnel, etc.
3. Quels conseils concrets donneriez-vous à une femme atypique qui doute de sa place au travail ?
Je lui dirai d’apprendre à mieux se connaître, au-delà des préjugés et des étiquettes, de faire table rase de toutes les croyances qu’elle pense avoir sur elle-même et sur le monde du travail. Plus elle a d’expérience, plus cela peut être difficile.
Demander de l’aide à un professionnel peut permettre de prendre du recul. Ensuite, il suffit de se poser les bonnes questions : quelles sont mes valeurs ? Qu’est-ce qui fait sens pour moi ? Quelles sont mes priorités dans le monde professionnel ? Beaucoup se mettent trop la pression alors qu’elles pourraient se contenter d’un job alimentaire si nécessaire. D’autres ne visent pas assez haut et restent dans l’ombre alors qu’elles ont envie de briller mais n’osent pas.
Une autre question essentielle : et si je pouvais tout faire, sans limite de temps, d’argent ou d’énergie, que mettrais-je en place ?
Je pense aussi que les femmes devraient s’entourer d’autres femmes qui les influencent positivement et leur donnent envie d’y croire. Il y a trop de rivalité et un manque de sororité. Il est important de créer des espaces où l’on se tire vers le haut, où l’on célèbre nos accomplissements, et de s’entourer de femmes qui ont réussi et qui soutiennent nos projets, celles qui vont nous inspirer.
Ces contenus accompagnent un chemin personnel ; ils ne remplacent pas l’avis d’un médecin.






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