Noël sans pression : s’affranchir des attentes familiales (et assumer ses choix)
Noël et le jour de l’an arrivent. Qu’avez-vous décidé ? Allez-vous passer Noël en famille et le jour de l’an avec des amis ou rester au fond de votre lit ? Que préférez-vous ? Succomber à la « magie traditionnelle » de Noël ou rester seul en votre compagnie ? Les fêtes rituelles peuvent donner lieu à une tension entre la joie de se retrouver en famille et la peur d’assister à des événements « obligés » où l’empathie est absente et la communication violente. Êtes-vous dans ce cas ?

Les réunions de famille réactivent de nombreux traumatismes, anciens et répétitifs, et peuvent en créer de nouveaux. Ces traumatismes ont pour origine des « stimuli », c’est-à-dire des actes ou des paroles qui piquent ou « stimulent ». Et si vous voulez y échapper, vous risquez de passer pour le mouton noir de la famille qui ne respecte pas la « trêve de Noël ».
Dans cet article, nous explorerons l’avant, ce qui vous pousse à y assister, le pendant et l’après en identifiant vos critères de choix, les comportements que vous pouvez adopter et les leçons que vous pouvez en tirer en explicitant des besoins essentiels tels que l’authenticité, la paix, la légèreté et l’auto-empathie.
Avant la fête : choisir d’y aller et anticiper
Avant, clarifiez ce pourquoi vous voulez y assister. Si vous hésitez, anticipez les stimuli possibles en vous donnant de l’auto-empathie avant la fête.
Votre choix conscient
Revenons à votre choix d’assister ou non à votre fête de famille en comptabilisant les plus et les moins. Qu’est-ce qui vous pousse à y assister ? Et quelles sont vos réticences ?
Plus
Moins
Voir mes enfants
M’ennuyer
Voir mes neveux et nièces
La présence d’un frère qui se met en colère

Bien manger
Devoir faire un cadeau
Jouer en famille
Recevoir des cadeaux qui ne me plaisent pas
Recevoir des cadeaux
Risque de trop boire
Avoir des nouvelles de ma famille
Rater mon feuilleton à la télévision
Derrière chaque plus et chaque moins se trouve un besoin. En dehors des besoins d’appartenance et de liberté de choix, les plus importants sont le partage, l’authenticité, le plaisir, l’échange… Votre relation avec les membres du groupe est-elle équilibrée ? Entre ce que vous apportez et retirez. Maintenant, explorez votre choix intuitivement…
Choisir en suivant votre intuition
Voici un exercice physique utilisant votre intuition pour éclairer votre choix. Prenez 3 papiers et inscrivez les 3 solutions suivantes : « J’assiste à la fête familiale », « Je sors ailleurs » et « je reste chez moi ». Et placez-les au sol. Ensuite, mettez-vous debout sur chaque papier et notez laquelle vous procure le plus de plaisir. Votre intuition vous indique ainsi ce qui vous plairait le plus. Ce peut être aussi un mouvement en avant pour oui et en arrière pour non, une sensation de joie ou de légèreté. Maintenant que vous avez choisi, allez-vous le dire si vous ne voulez pas y assister ? Ou anticiper ce moment pour que vous puissiez le vivre le plus agréablement possible.

Anticiper la fête
Vous pouvez anticiper ce qui risque de se passer, ce qui vous fait peur de devoir supporter, en vous donnant préalablement de l’empathie.
Anticiper les stimuli et identifier vos besoins
Si vous anticiper « à froid » les messages qui risquent de vous « stimuler », vous pourrez plus facilement être en paix « à chaud ». Voici quelques stimuli, des jugements, des questions, une plainte et un comportement qui risquent de vous déranger :
- Tu pourrais mieux t’occuper de tes enfants.
- Tu n’as toujours pas compris.
- Quand est ce que tu te maries ?
- Tu n’as pas encore d’enfants ?
- Alors, toujours célibataire ?
- Tu as des nouvelles de ton ex ? Je l’aimais bien.
- J’ai toujours mal au dos et j’envisage de me faire opérer d’une hernie.
- Une personne en colère vous dit « je ne répondrais pas à ta question ».
Pour chaque stimulus, identifiez votre besoin et ce que vous pouvez répondre pour le satisfaire. Par exemple : si une personne vous dit « tu n’as toujours pas compris » vous avez probablement besoin de clarté et vous pouvez lui demander « je ne vois pas à quoi tu fais allusion. Peux-tu m’expliquer ? » Et s’il vous dit « je te l’ai déjà dit » ? Restez zen… et dites « j’ai vraiment besoin de clarté et d’explications. »
Donnez-vous de l’auto-empathie
En face de tous ces stimuli, vous pouvez toujours remonter votre niveau d’empathie en imaginant la scène et en tapotant le côté d’une main ou vos épaules alternativement en pensant « je suis bien comme je suis » pour être en paix. Et si cela reste difficile, re-décidez si vous y assistez ou non. Il est inutile d’aller vivre des traumatismes inutilement.

Pendant les fêtes : clarté, authenticité et légèreté, apprentissage
Vous y êtes, entouré des membres de la famille et, éventuellement, du bœuf, de l’âne, des rois mages de la crèche et du père Noël. Dans cette situation, le plus difficile est de se centrer, de faire le point de temps en temps afin de rester connecté à soi et réagir de manière authentique tout en favorisant la paix et la légèreté. La clarté s’obtient en meta-communiquant et en reformulant, l’authenticité en énonçant ses besoins en parlant de soi, la légèreté consiste quelquefois à interrompre et à proposer de changer de sujet pour rester en paix.
Un dernier groupe de besoins, comprenant apprendre et transmettre, peut être concerné dans des discussions passionnantes, philosophiques ou du genre « qui a tort ou qui a raison ». Vous pouvez alors cataloguer les arguments fallacieux pour mieux les reconnaître et apprendre comment y répondre en meta-communiquant.
Clarifiez et clarifiez
Clarifier permet de prendre du recul sur l’échange et de tester l’ouverture du système de croyance de votre interlocuteur. Pour cela, reformulez et meta communiquez.
Reformulez
Reformuler permet de prendre son temps avant de répondre. A la question « quand est-ce que tu te maries ? » vous pouvez répondre « tu me demandes quand je vais me marier » ou « tu es curieux de savoir quand je vais me marier ? » ou « C’est important pour toi de savoir quand je vais me marier ? »
Meta communiquez
Dans ce cas, vous prenez du recul en classant les mots employés. Par exemple, à la question « quand est-ce que tu te maries ? » vous pouvez répondre « tu aimerais avoir une réponse à ta question ? » ou « J’aimerais être libre de ne pas répondre à ta question »
Paix, authenticité et légèreté
Il est plus facile d’être authentique, c’est-à-dire de parler de soi si vous êtes en paix et si la discussion et légère, sans jugements, plaintes ou colères. Sachez retrouver votre centre, interrompre éventuellement, répondre si vous en avez envie ou changer de discussion.

Interrompre le philosophe ou le scientifique
Voici ce qu’en dit Marshall Rosenberg, le fondateur de la Communication NonViolente : « Il peut certes sembler délicat d'interrompre quelqu'un au beau milieu d'une phrase, mais un sondage que j'ai réalisé auprès de plusieurs dizaines de personnes démontre que cette attitude est souvent mieux perçue qu'on ne pourrait le penser. A la question : "Si ce que vous dites n'intéresse plus votre interlocuteur, préférez-vous qu'il continue à faire semblant de vous écouter ou qu'il vous interrompe ?", à une exception près, toutes les personnes interrogées affirmèrent préférer être interrompues. Ces résultats m'ont encouragé et convaincu qu'il est plus courtois d'interrompre l'autre que de faire semblant de l'écouter, car chacun de nous souhaite que ses paroles soient pour les autres une richesse et non un fardeau. »
Si votre interlocuteur devient philosophe, vous pouvez l’interrompre « je suis complètement perdu dans ton intervention ou changer de discussion en le ramenant au temps présent « tu… »
Changer de discussion
Si l’on vous pose des questions auxquelles vous ne voulez pas répondre ou si la discussion tourne autour du « qui a tort ou qui a raison », changez de discussion en précisant ou non votre objectif. « J’aimerais ne pas répondre ou changer de discussion pour rester en paix. C’est OK pour toi ? » Restez centré sur votre paix intérieure.
Demandez clairement « pour plus de légèreté, j’aimerais changer de discussion ». Précisez bien votre besoin. Il m’est arrivé de le demander et la personne m’a répondu « non, c’est important de savoir combien il existe de voyelles dans la langue française. Peu de français le savent. » 6 graphiques et 16 phonétiques (phonèmes) si vous voulez le savoir…
Vous pouvez aussi trouver un prétexte pour vous échapper : aller aux toilettes, avoir un coup de fil à passer, en recevoir un et s’excuser.

Après la fête
Vous pouvez déballer vos cadeaux si ce n’est déjà fait et revisiter ce qui s’est passé. Donnez-vous de l’auto empathie, célébrez la vie et identifiez les relations équilibrées.
- Vous redonner de l’auto-empathie : même si cela s’est terminé en catastrophe, répétez-vous que vous avez fait du mieux que vous avez pu.
- Célébrez et faites le deuil : si vous avez été content de la soirée, revisitez ce que vous avez aimé : une relation particulière, le repas, le jeu… Et pour chaque événement, célébrez le besoin sous-jacent : l’échange, l’authenticité, le plaisir, l’humour. Et remerciez la personne qui a organisé la fête en précisant ce que vous avez aimé. Et faites de même avec ce qui vous a déçu. Si vous auriez voulu approfondir une relation et que cela n’a pas été possible, faites-en le deuil pour que cette sensation s’envole au cimetière des éléphants et célébrez votre besoin d’intimité.
- Revisitez vos relations : avec quelles personnes vous sentiez-vous le plus à l’aise ?
- Apprendre de ce que vous avez vécu : notez les stimuli que vous aimeriez travailler en groupe de pratique. Aimeriez-vous y retourner ?

En conclusion : une école de l’auto-empathie
La famille est un microcosme avec ses règles implicites et ses stimuli spécifiques. C’est un lieu d’apprentissage si vous choisissez de rester authentique et empathique si vous faites le choix d’assister à ses fêtes et ses rituels. Soignez vos relations, privilégiez celles qui sont équilibrées et empathiques et célébrez la vie !
Author
Michel Diviné
Ingénieur de formation (Polytechnique, Stanford) reconverti dans l'accompagnement thérapeutique depuis + de 20 ans, Michel Diviné est un expert en constellations familiales, en EMDR, en Hypnose Ericksonienne et en travail de réconciliation avec les parents selon Jirina Prekop. Auteur de plusieurs ouvrages, il partage son expertise à travers ses blogs et ses ateliers réguliers en France et en Suisse. Découvrez-en plus sur ses blogs Psythérapeute, Constellations Familiales et Communication Bienveillante.
Ces contenus accompagnent un chemin personnel ; ils ne remplacent pas l’avis d’un médecin.






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