Virginie Robert : communiquer avec les défunts, avec amour et respect
Communiquer avec les défunts, avec Virginie Robert

Peut-on vraiment parler avec ceux qui nous ont quittés ? Pour Virginie Robert, médium, la réponse est claire : oui, mais pas n’importe comment, ni pour n’importe quelle raison. À travers son parcours personnel et ses expériences, elle partage une vision singulière et apaisée de la communication avec l’au-delà. Loin du sensationnalisme, elle insiste sur l’importance de l’amour, de la sincérité et du respect dans ce dialogue invisible.

« Les morts, ce sont eux qui me parlent »
« À l’âge de vingt ans, j’ai eu un accident de voiture. À mon réveil à l’hôpital, j’ai commencé à entendre des voix. » Pour beaucoup, une telle expérience aurait pu conduire au doute ou à la peur. Virginie a choisi d’écouter. « Pendant un moment, tu te demandes si tu es devenue folle. Tu te tais, tu n’oses pas en parler. Mais avant que les défunts ne prennent de la place, c’est d’abord mon guide que j’ai entendu. Il m’a accompagnée pendant près de dix ans pour me permettre de travailler sur moi. »
Ce chemin n’a rien eu d’un long fleuve tranquille. « Je suis une grande testeuse. Pour moi, ce n'est pas parce qu'on entend une voix qu’il faut tout de suite faire confiance. J’ai testé beaucoup de choses, je suis parfois allée à l’encontre des messages que je recevais. J’ai aussi boudé et ignoré les messages reçus… J’avais besoin d’apprendre à faire confiance. Aujourd’hui, je sais à 100 % d’où viennent les messages. »
Avant de faire des tonneaux avec sa voiture, Virginie avait eu un premier contact avec l’invisible : « Quand mon père est décédé, j’avais dix-sept ans. C’était un marginal, je ne le voyais plus et lorsqu’il s’est désincarné, il est venu dans ma chambre. Il y a eu une étreinte. J’ai compris qu’il était délivré, en paix malgré un parcours de vie difficile. Ça m’a bouleversée et montré que, même après la mort, la conscience continue. »
Depuis, les défunts se présentent spontanément à elle, souvent pour libérer une mémoire ou résoudre un nœud. « Je ne fais pas de séances de médiumnité où les gens arrivent avec une photo. Les défunts viennent d’eux-mêmes dans mes séances, pour déverrouiller quelque chose chez le vivant. Pour moi, c’est plus beau et ça a plus de sens. »

Une capacité universelle, mais un chemin exigeant
Une question revient souvent aux oreilles de Virginie Robert : la communication avec les morts est-elle réservée à quelques élus ? « Non, pour moi nous sommes tous médiums. Nous avons tous des sens qui peuvent se développer. Mais on n’est pas tous destinés à devenir médium ou à en faire une activité. Il faut apprendre à se connaître, savoir par quel canal on reçoit : certains voient, d’autres entendent, d’autres encore ressentent dans le corps… »
Virginie met en garde contre l’ego spirituel : « Aujourd’hui, il y a beaucoup de baudruches qui se gonflent. Recevoir un message ne suffit pas pour se proclamer médium. C’est d’abord un travail sur soi. »
Virginie aime se définir comme une « psychologue des morts : quand un défunt se présente, c’est rarement pour dire que tout va bien. C’est souvent parce qu’il est figé, qu’il a un poids sur la conscience. Ce sont les regrets, les remords, les mensonges qui plombent l’âme. Avec les suicidés, par exemple, le message qui revient souvent c’est : “Je n’aurais pas dû, j’étais aimé, j’aurais pu demander de l’aide.”
Cette lucidité sans complaisance s’accompagne d’une grande tendresse. « Les défunts sont cash. Ils disent la problématique. Tu n'as pas besoin de passer du temps à essayer de chercher, de comprendre, d’analyser… C’est bien plus simple qu’avec les vivants ! »

« Je kiffe la mort »
Dans une société où la mort reste taboue, le discours de Virginie surprend. « La mort fait peur parce qu’on ne sait ni quand ni comment on va mourir. C’est ignorer les circonstances de la mort qui angoisse. Mais, pour moi, la mort, ce n’est que la fin du corps. J’ose le dire, moi, je kiffe la mort ! Je me dis que le jour où je partirai, j’aurai accompli ce que j’ai pu. La mort est un processus normal et naturel qui fait partie de la vie. Avec un divorce ou un déménagement, qu’on peut comparer à des petites morts, la vie nous prépare. »
La médium insiste sur la nécessité d’alléger sa conscience de son vivant. « Ce n’est pas dans cinq ans qu’il faudra régler ses problèmes. Tu peux mourir demain. Plus tu travailles sur toi, plus tu es en paix. Et plus tu partiras en paix. »
Sa lecture des traditions rejoint cette vision. « Le paradis et l’enfer, pour moi, c’est simple : c’est la balance du cœur. Est-il léger ou lourd ? Trop de secrets, trop de non-dits, trop de culpabilité : ça plombe. Quand j’ai commencé l’écriture du livre « Conversation avec l’au-delà », le premier message que j'ai reçu des guides m’a vraiment étonnée. Ils me disaient qu’il y avait trop de monde en errance. Aujourd’hui, il n’y a plus grand monde qui va au paradis. Les personnes ont trop de poids sur la conscience, trop de culpabilité, trop de choses qui n'ont pas été dites, des secrets de famille qui pèsent dans la balance… J’explique aussi aux gens que je forme que nos morts ne sont pas au ciel, ils sont tout autour de nous. C'est juste qu'on est dans une vibration différente. Donc quand tu es chez toi, il y a aussi des défunts qui sont là et que tu ne vois pas. Et c’est OK. Généralement, on les ressent par le froid. Par exemple, tu es en train de faire quelque chose et d'un seul coup, sans raison aucune, tu es complètement gelé, tu as un gros frisson qui te traverse ou tu as un gros courant d'air qui t'enveloppe, c’est généralement qu’il y a la présence d'un défunt. »
Loin des discours anxiogènes sur les « entités du bas astral », Virginie Robert relativise. « Ce ne sont que des âmes en souffrance. Si, au moment de ta mort, tu es rempli de culpabilité, tu feras partie de ces présences-là. Arrêtons d’avoir peur : souvent, ce qui est pris pour du bas astral, c’est juste une présence, une âme qui cherche à se faire entendre. Ce sont généralement des défunts qui ont quelque chose sur la conscience et qui cherchent une personne pour apaiser leur conscience, rien de plus. La peur va couper la communication. Généralement, on est plutôt surpris, comme lorsqu’on entend une porte claquer, c’est différent. »

Dialoguer avec sincérité et respect
Comment alors entrer en relation avec ses proches disparus ? La réponse de Virginie est limpide : par le cœur. « Les défunts nous entendent. Il suffit de prononcer leur nom, d’avoir une pensée sincère. Pas besoin de rituel ou de magie. Il faut juste que le contact soit vrai et sincère. Si tu dis papy je te pardonne sans le penser, ça ne marche pas. Ton défunt le voit, il sait que tu te mens à toi-même. »
Pour étayer son propos, Virginie Robert raconte un moment bouleversant de sa vie : « J’ai dit à mon père : peu importe ce que tu as fait, je suis fière d’avoir été ta fille. À ce moment-là, toutes les lumières se sont éteintes. La pièce s’est remplie d’amour. J’ai su qu’il avait entendu. »
Pour ceux qui traversent un deuil, la médium invite à transformer la tristesse en envoi d’amour. « La tristesse vient le plus souvent du manque physique. Mais le lien reste. L’idéal est de dire : tu me manques, mais je t’envoie beaucoup d’amour et de lumière. »
Et de prévenir contre les dérives : « On ne peut pas faire son deuil si on va voir un médium toutes les semaines. Certains vont de médium en médium, ils reçoivent forcément des messages contradictoires… Mais à quoi ça sert ? Une vraie communication, c’est quand un défunt vient demander pardon. Là, il y a guérison. Sinon, ce n’est que du divertissement. »
Comment savoir si l’un de nos défunts tente de communiquer avec nous ? A la charge émotionnelle quand l’on reçoit d’un signe. Même les plus simples suffisent parfois. « Une plume, un papillon, une lumière qui clignote… Les défunts nous répondent comme ils peuvent. Encore faut-il accueillir ces signes sans peur. »
Passeur d’âmes
Agacée par de nombreuses dérives qu’elle constate, Virginie Robert aime remettre les pendules à l’heure : « Le terme de passeur d’âme est aujourd’hui complètement galvaudé. Parce qu’en vrai, on ne « fait passer » personne. On accompagne l'âme d'un défunt à soulager sa conscience pour qu'il puisse cheminer sur d’autres plans. C'est différent. L'histoire de l'ascenseur doré, ça marche pas, tu renvoies juste le défunt là d’où il vient. Ça ne le fait pas avancer, ça ne sert à rien du tout. Un bon médium se met en disponibilité, en posture d’écoute. Tout comme avec les vivants ! Écouter la personne, être dans la bienveillance et le contact s'établit. C'est une relation de confiance qui s’établit, la personne peut enfin vider son sac. C’est exactement la même chose de l'autre côté. »
Vivre pleinement pour mourir en paix
À travers son parcours singulier, Virginie Robert rappelle une évidence souvent occultée : la mort n’est pas une fin, mais une transformation. Les défunts ne disparaissent pas, ils continuent d’aimer et parfois de demander réparation. Mais la vraie clé, selon elle, se trouve du côté des vivants. « Au moment du passage, on nous pose deux questions : comment as-tu aimé ? Qu’as-tu fait de bien ? »
Alors, plutôt que de courir après des preuves ou des messages, peut-être s’agit-il simplement de cultiver dès aujourd’hui un cœur léger, fait d’amour et de vérité. « Nos défunts nous disent toujours la même chose : profite, ose, fais ce dont tu as envie, la vie est courte. »
Une invitation à vivre pleinement, pour être prêt, le moment venu, à franchir le seuil avec sérénité et découvrir enfin l’ultime mystère de la vie.
Virginie Robert est médium, autrice, conférencière. Thérapeute et formatrice spécialisée dans l’énergétique, les mémoires familiales, le deuil, la fin de vie et l’au-delà, elle pose un regard nouveau sur la mort encore tabou aujourd’hui en s’appuyant sur les messages reçus des défunts. Avec l’aide de ses guides, elle accompagne aussi bien les vivants que les disparus sur leurs chemins respectifs d’évolution.
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Auteure
Journaliste depuis 20 ans, Julie Destouches partage une vision dépoussiérée de la spiritualité sur Instagram, Youtube et en podcast avec NostraDomus. Vous pouvez retrouver toutes ses informations ici.
Ces contenus accompagnent un chemin personnel ; ils ne remplacent pas l’avis d’un médecin.







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